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 Il m'a fielé du regard [terminé]

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une effraction d'la réalité

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MessageSujet: Il m'a fielé du regard [terminé]   Mer 4 Juin - 23:46

Je me promène, comme le font les gens heureux. Parce qu'heureux, je le suis vraiment. Mon fils et ma femme vadrouillent je ne sais où. D'eux, je ne m'entretiens avec personne, sauf avec William. La porte est ouverte, ils ne rentreront peut-être jamais. Cette ambivalence, je l'accepte totalement, et je l'adore : c'est cette raison qui m'a rendu amoureux de ma femme, la femme la plus libre du monde. Jii et son nom de princesse d'Egypte, est à l'air son esprit, au vent sa voix, aux étoiles leur distance. A la lune son reflet. Je pense a eux en ce moment. Ils brillent fort sous mon regard quand il caresse le monde, je les entraperçoit en geais moqueurs qui tournoient en jouant, faisant semblant d'aller embrasser le sol pour mieux faire frémir leurs plumes et s'échapper du monde et de son attraction en éclats de rires pour atteindre les nuages. Je les vois en posant les yeux sur le chat. Jii s'impose dans le déplié de la patte, et jusqu'au bout des griffes. Ce chat noir. Il tourne une oreille dans ma direction. Son oreille est comme des yeux : il voit mon regard en écoutant le discours muet que lui joue mon corps, en captant l'intéret soudain d'une masse bruyante, en respiration, souffle, en marche lourde. Je suis en tant qu'humain de la race des élégants. J'aime faire attention a ma tenue, fétichiste de mes objets. Je suis comme le marin sur le départ, qui emporte une photo de ses enfants, et qui la garde sous son tricot, contre le coeur, pour la durée du périple. J'aime faire attention à ma marche, à la façon dont je me tient droit, puisque ce sont des qualités innées et enseignées, et qu'elles me suivent comme ma respiration. J'aime me concentrer sur elle aussi, puisque je suis anglais, et que l'exitation inutile représente à mes yeux le summum du mauvais goût. La plupart de mes congénères ne me voient ni ne m'entendent. J'ai cette nonchalence qui me fait passer entre eux comme une ombre. Mais le chat est enfant du mystère, et le chat voit les ombres. Et même elle, il les entends. Je suis éléphant en jardin de porcelaine, de laine de verre tissée, je suis en monde des mystères en géant incompris, et les Autres, ceux là qui passent sans me voir, ne voient pas les ombres, et leurs dédales infinis. Ceux là ne voient pas, ne me voient pas, ne voient pas le chat, puisqu'il ne captent pas son attention. Ils sont les ombres du chat, dont il ne se soucie guère. Le chat est à un autre niveau. Les humains ne sont là qu'à titre d'animaux de compagnie, son affection pour eux est sincère, mais quand même, il ne sont pas dans la vraie vie, la seule qui compte vraiment, le mystère. Ce sont de gentils compagnons, mais des humains tout de même, à retrouver à la maison pour se tenir compagnie, pour jouer aussi. Le chat adore jouer. Je regarde le chat qui m'écoute de toute son oreille, moi l'éléphant. Et ma façon de le regarder en faisant mon bruit d'éléphant lui dit : "Ecoute. Voici l'histoire d'un éléphant qui tomba amoureux d'un chat"

Ses mots s'échappent en frémissement d'entre mes lèvres. Je ne remarque pas l'autre chat qui est posé sur un banc, a a peine un mètre de moi, occupé a contempler celui posé en sphinx funambule sur le fil de la clôture de fer qui ceinture le parc. Je ne vois pas ses yeux se tourner vers moi, ses yeux de chat se poser sur moi parce qu'ils ont remarqué l'éléphant. Et qu'ils le scrutent, une seconde, parce qu'ils ont entendu, cette ombre qui n'en est pas une parler d'un chat dont il est tombé amoureux à un autre chat, un petit fanfaron qui fait le bellâtre sur la barrière. Mais il est beau, le chat funambule, et je lui raconte, par mots fluides, mots fielés, mots filés, je lui raconte par mots en doigts qui coulent comme de mots pour former les phrases, les entrelacer, au sein de mes pensées, les souffler en bruit qui pense, je lui raconte pour ce qu'il voudra entendre avec son oreille qui regarde, l'histoire de l'éléphant et du chat. Sans savoir qu'un autre chat entend.

"Il était une fois un chat. Un chat merveilleux, plus beau que la nuit et ce qu'elle enfante de mystères. Un chat voiles, découpé en silhouette de fantasmes par le vent dans le rideau de cheveux de la nuit. L'enfant du vent et de la nuit, l'enfant parjure, l'enfant viol, l'enfant qui surclasse ses parents, en marchant dans leur pas. En réinventant sa vie. Il était une fois un chat, libre comme tout les chats. Ce chat, je le rencontrais une nuit, une nuit saltimbanque ou je m'enfuis avec des amis, fatigué de l'aristocratie et de mes devoirs. Attiré par le mystère. Elle fut mon mystère de la nuit, et elle fut mienne lorsque je posais les yeux sur elle. Les chats sont comme ca : ils sont les plus redoutables des chasseurs. Leurs yeux analysent leur proie en une fraction de seconde. Ils savent dès qu'ils ont vu si celui ou celle qu'il regarde leur appartient. Ils tombent amoureux très vite, très fort comme un coup de foudre, et décident aussitôt qu'ils passeront à table. Alors ils détournent les yeux, puis y reviennent, avant de feindre l'indifférence. Ils tendent le filet. Et ils jouent. Les chats adorent jouer. Ils jouent, ignorent, agacent, et se donnent par touches discrètes, effrontées, par touches entières, passionnées, et la proie se laisse ensorceler. Lorsque je posais les yeux sur elle, elle les tourna vers moi. Elle avait entendu mon souffle d'éléphant, comme toi. Et elle tomba amoureuse. C'est l'histoire d'un chat et d'un éléphant qui s'aimèrent en chasseur et en proie. C'est l'histoire d'un chat et d'un éléphant qui se foudroyèrent en regard. Elle a tissé pour moi son pas dansant de bohémienne. Elle a glissé dans ma nuit comme un orage, a semé ses graines au pays de Morphée. Elle a tourné les yeux, puis a regardé ailleurs, très vite, puis m'a regardé de nouveau. Elle ne m'a pas approché de la soirée. Craintif et trop fasciné pour bouger, je n'ai pas osé aller vers elle. Nous étions d'eux adolescents transis, qui se pâmaient en se buvant des yeux, c'est d'une naïveté a pleurer, n'est-ce pas ? C'est frais comme de lécher un glaçon. Elle m’appâtait. Elle me charmait avec son regard et cette façon singulière qu'elle avait de me faire perdre le fil du monde autour, le monde des hommes, juste en me regardant, toute la soirée, en dansant avec d'autres, parlant avec d'autres, s'offrant a d'autres tout en ne s'offrant qu'à moi par le regard."

J'inspire. Expire. Le chat c'est assis. Il se lèche la patte, attend. Puis se lèche de nouveau la patte. Ensuite, il tourne sa frimousse insolente de félin vers moi. Dieu que j'aime l'insolence. Elle défie le savoir-vivre en ennemie farouche. En hainemie qui aime, le chat insolent défie l'éléphant du regard. L'éléphant qui est tombé amoureux d'un chat. Le chat dit "continue".
Continue, alors je continue.

"Je ne l'ai revue que trois jours plus tard. Elle a hanté chacune de mes nuits. J'avais la fièvre, la foudre m'avait grillé de l'intérieur, m'avait laissé l'empreinte de son corps en dedans. Déjà, je l'aimais, déjà je la désirais, trop fort pour le concevoir. Je me donnait a son souvenir au bout de la seconde nuit. Un instant dont je n'eu pas honte, parce qu'il me venait d'elle et de son regard. Je ne m'étais jamais caressé ainsi pour une femme, même pour une femme-chat. Trois nuits plus tard, elle est venue, j'y suis retourné, et nous avons dansé. Ses pieds nus dans la poussière dessinaient une aurore boréale. Elle avait le pas lumineux. Une sorte d'aristocratie de la liberté dans les pas.  Ses cheveux noirs qui descendaient jusqu'à ses cuisses formaient un châle de soie, une autre nuits en reflets mystère. Le feu jetait sur sa robe des allures de brasier. Nous avons fait l'amour dans la poussière, sous l'oeil rond de la lune, en reflets, au milieu du camps endormi. Jii s'est donnée, elle m'a attrapé.

Elle est entrée dans ma vie, puis dans ma maison. Elle a visité mon monde, et comprenant que je voulais en sortir, elle m'a fait m'évader. Nous avons fuit, j'ai goûté la liberté, j'ai joué au chat. Nous nous sommes aimés comme des fous, des fous, elle m'a appris la danse bohème, je suis le meilleur éléphant-danseur-bohème du monde. Elle m'a donné un fils. Et un matin, elle est partie, sa trace dans les draps demeurant seule en souvenir. Et mon fils. Alors je l'ai cherché, un peu, mais très vite, j'ai cessé. Parce que c'est un chat. Et que sa liberté fait d'elle mon insolente épouse. Parce que je l'aime. J'ai pris mon fils par la main, et je suis rentré à la maison. L'ancienne. Celle à laquelle j'avais tourné le dos il y avait si longtemps que cela me paraissait une autre vie. Apaisé et riche d'un mystère que j'avais appris à connaître. J'ai repris une entreprise d'hommes, j'ai glissé de nouveau parmi les ombres, retrouvé ceux qui m'avaient enfanté, élevés. J'attend le chat. Le chat dont je suis tombé amoureux. Peut être en vain, peut être toujours. L'attente me rend amoureux, et heureux. Parfois elle s'inscrit si fort dans ma chair qu'elle me ramène a mes nuits adolescentes, à caresser son souvenir."


Oui, d'accord, semble dire le chat. Ton histoire et intrigante, pour le moins. Mais pourquoi la destinait-tu a mon oreille  ? Le hasard a attiré ton regard sur moi. Pourquoi me destiner cette comptine ?

"Jii danse un peu comme toi, les reflets dans sa chevelure brillent en vagues comme le long de ton pelage. Tu me l'as rappelée."

Le chat détourne brusquement le regard. Moi aussi, du coup, dans la même direction. L'homme que le chat regarde me regarde moi. Fixement. Je le regarde aussi. J'oublie le chat de la barrière. Celui-ci, vexé sans sa fierté de chat, qui se sait unique et veut être le plus unique de tous, se laisse tomber dans l'herbe et se couche, baillant, les yeux mi-clos. Le chat que je fixe sans oser parler, ni bouger, fasciné, a les yeux grands ouverts, lui. Je reste figé, mon regard caressant son visage au dessin parfait, la longueur de ses cils, semblables à ceux d'une femme, l'air la douceur de sa bouche. Je parle à l'homme chat, recouvrant la voix, séduit par cette beauté quasi distillée, comme un poison capiteux.

"Je ne voulais pas vous ennuyer. Cela va vous paraître étrange, sans doute, mais je parlais au chat sur la barrière. Je ne voulais aucunement vous importuner avec mon histoire"

Je ne sais pas si je l'ai importuné. Je m'excuse avant tout, en bon anglais. Puis je lève brièvement mon chapeau.

"Au plaisir. Votre beauté est captivante"

Captivante oui. Et je m'en arrache. Parce que ce n'est pas Jii, et que mon coeur s'est serré en alerte pour la toute première fois de ma vie, comme si son souvenir avait faibli en un frémissement d'aile de papillon a cause de cet homme. Un chat aurait oublié sa précédente conquête, tout amoureux qu'il en aurait été, tomber amoureux deux fois dans une vie est une chance monumentale. Mais je ne suis pas un chat. Je suis un éléphant. Et j'ai la mémoire longue. La mémoire de mon coeur est gravée en silhouette Ebène, ma femme aux couleurs de soirs. Rien ni personne ne saurait m'en détourner. Alors je fuis devant le danger, je tourne simplement les talons sur un sourire un peu troublé, mais sincère, tant de beauté se salue. Et je m'en vais, mains derrière le dos, tranquille, le chapeau haut de forme bien droit dans l'air de cette fin d'après-midi.


Dernière édition par Louis S. Achéron le Lun 3 Nov - 12:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Il m'a fielé du regard [terminé]   Jeu 5 Juin - 16:25



Il m'a fielé du regard.

Feat Louis S. Achéron

“It comes from the depths of a place unknown to the keeper of dreams”

Ca crie, ça bourdonne. Je ne suis pas sûr que mes oreilles puissent supporter cette cacophonie  nouvelle, mais pas inédite. Je les bouches, ces oreilles. Je me coupe du monde pendant un instant. Du calme, j’en ai effroyablement besoin là. Mais ça continu, à aller toujours vers les aigus, à monter toujours aussi fort, toujours aussi haut. Et ça me fait saigner les tympans, sensibles comme ils sont.  L’échec me saute au visage, il me lacère la peau, il me griffe les lèvres, il assassine mes envies. Faites que ce cri s’estompe, faites que ses insultes cessent. Une fois pour toute. Et l’inévitable arrive. Tu l’as cherché, tu sais. Ta voix agaçante n’a pas compris les signes muets que j’ai transmis. Maintes et maintes fois. Je t’approche et tu t’éloigne, cette rage t’accompagne. Cette rage, elle pouvait me plaire si les notes aigues ne m’arrachaient pas les dernières onces de calme dont je pouvais témoigner. Et puis, tu fais un pas vers moi. Non pas pour m’étreindre non. Mais pour balancer ces pauvres vêtements à mes pieds. Je te regarde, toi et tes gestes de mains, tu te noie dans le burlesque. Et ça ne te va pas. Tu es bien trop vieux pour une carrière de théâtre tu sais.  Je sens la transformation surgir en moi. Je sens l’incompréhension devenir une profonde lassitude. J’en ai un peu marre, non pas de ton refus mais de tes beuglements. Alors je m’approche hâtivement de toi, le poing relevé. Il heurte ton visage rouge, rouge de ton énervement écervelé. Mollement, tu t’écrase sur ton lit, tes orbites en soucoupes volantes. Tu essaie de te relever mais je ne suis pas prêt à supporter encore une fois tes jérémiades alors, ta joue est écrasée par un nouveau coup. Ton buste et ton ventre sont les suivants sur la liste. Ah enfin, te voilà silencieux. Les yeux fermés, le visage paisible. Tu es beau comme ça tu sais. Je m’agenouille devant toi, la tète sur le coté et je t’admire. Si seulement tu n’as pas été aussi prude, aussi bruyant. Si seulement tu as accepté mes dents sur ta gorge. Je ne demande pas la lune tu sais, elle ne rentrera pas dans mon salon, je voulais juste ton rouge. Ton liquide visqueux et tellement jubilatoire dans mon palais avide de jouissance. Mais tu es comme les autres. Tu comprends pas mon besoin, ce besoin de faire partie de vous, les hommes. De faire partie de vous et que vous devenez une partie de moi. C’est tellement compliqué pour votre petite caboche infectée par des notions fastidieuses, le mal et le bien. L’enfer et le paradis. L’enfer se trouve sur terre tu sais, il se trouve agenouillé devant ton corps inerte. Il te poursuivra, il te chassera, il te consolera dans ta folie prochaine. Il sera là à bercer ta paranoïa, l’accentuer aussi. Il sera là pour appuyer tes regrets et tes remords. Tu aurais du rester avec ta femme et tes enfants. Tu n’aurais pas du me proposer de venir chez toi, de prétendre avoir besoin d’un homme. Ce dont tu as besoin, est un gamin en quête de romantisme gerbant. Quelqu’un qui écartera les cuisses en poussant des miaulements craintifs. Je ne suis pas un petit félin qui se faufile discrètement entre les parcelles de ton corps. Je ne suis pas une petite chose fragile quémandant de l’attention, non. Moi, je pénètre en faisant du bruit, qui blesse non pas pour faire souffrir mais pour suivre un instinct primitif, inné. Moi je veux boire jusqu’à la dernière goute, je veux manger, les os compris. Moi je veux de l’endurance. Je veux courir, chasser ma proie. Mais tu vois, cette proie ne doit pas être chaste sinon le jeu sera pénible à finir. Et j’aurai perdu mon temps, exactement comme je l’ai fait avec toi. Je me lève, je m’habille dans le sens de ton souffle régulier. Et avant de partir, je laisse sur ton oreiller une rose rouge aux épines écorcheuses. Moi. Tu comprendras, peut-être le sens.

Du l’air frais.  Je ne l’ai pas remarqué avant mais, tu empeste une odeur de mort. L’odeur de la vieillesse mélangée avec ton ignorance. Et elle me colle à la peau maintenant, à mes vêtements bien trop étroits et collants pour cette journée de chaleur immonde. Le passage de tes doigts sur moi me répugne là car ils étaient dépourvus de vie. Ils étaient alimentés par le désespoir et la surprise. C’est vrai, tu as arboré une expression confuse quand je t’ai dragué. Ca ne doit pas t’arriver souvent, avec tes cheveux qui tombent et tes rides qui se forment autour de tes yeux éteints. Et cette confusion s’est mariée avec la soif de me consommer. Et c’était là ton erreur. Me consommer. Ta soif ne faisait pas écho avec la mienne. Tu voulais assouvir un besoin sexuel, je voulais jubiler d’une jouissance spirituelle. C’est celle qui dure le plus, tu sais, c’est celle qui te reste à jamais gravée dans ta tète de vieux prude. Je t’ai proposé une danse dont je suis le créateur, tu as marché sur mon pied mais tu ne m’as pas fait mal. Tu m’as juste lassé avec tes excuses sous forme de cris indignés.
Je secoue la tète. Un banc. Je prends place dessus et je soupire. C’est vrai, encore un échec. Encore une entité qui a cru me proposer de la bonne came. Hors, je veux pas la came, elle est trop blanche pour moi. Je voulais pas seulement des sensations qu’offrait ton corps. Je voulais son essence, je voulais son moteur liquide. Je soupire, encore. Et encore. Je suis contrarié. Tes cris continuent de résonner dans ma tète mais elle, elle vient tout balayer. Elle et son histoire de chat bohème. Elle et son histoire d’un amour atypique. Amour. T’y crois toi ? Avec ton chapeau haut de forme et ton accent étranger ? T’y crois toi qui t’adresse à un chat qui n’a rien à foutre de ton « il était une fois » ? Mais moi, ça m’intéresse. Ce n’est pas l’histoire qui m’intéresse réellement. C’est ta façon de la raconter. Les personnages riches en actions. Tes expressions, le ton que tu arbore pour la conter. Tellement révélateur. C’est étrange comme tu transpire une élégance sauvage. Mon regard voyage entre ce chat et son bain ennuyant et toi, et ta tenue digne des aristocrates de la société anglaise. Tu note enfin ma présence, moi et ma rose entre les doigts. Moi et mes regards attentifs à chaque mouvement, à chaque parole. Intriguant, tu es intriguant. Une nouvelle bête qui manquait à ma collection. Tu tourne les talents et je me redresse. Je dépasse le chat qui détourne les yeux de nous. Son sommeil a sommé, Morphée est bien plus captivant, je crois. Je ne saurais pas le dire, je n’ai jamais rencontré Morphée en personne, j’ai juste côtoyé ses bras.
« Ma beauté captivante ? Elle n’a pas du te captiver comme tu le dis sinon, tu m’aurais remarqué depuis le début. » Je me suis mis devant lui et son chemin. Je me suis interposé parce que même si le calme me manque, l’intéressant me manque encore plus. Et puis je suis curieux. Je ne veux pas m’enquiquiner de questions sans avoir de réponses. Vaut mieux en profiter de la source tant qu’elle est en face de moi. Et je ne vais pas me gêner. Déjà que j’ignore le sens même de ce mot. « Un éléphant et un chat sont pas compatibles. Ils sont pas faits pour être ensembles. L’un est petit et l’autre est très grand, l’éléphant peut écraser le chat et non pas en prendre soin de lui. » Je l’observe, son visage ne m’est pas inconnu, son histoire non plus. Elle me semble même très familière. Moi et mon envie de gouter à l’impossible. Moi et mon envie de dépasser cet impossible. « Ca ne m’étonne pas qu’elle soit partie chercher sa liberté. Un éléphant est envahissant de par sa dimension et ses bruits innés. » J’esquisse un sourire destiné à moi-même alors que je regarde cette fleur se fanée entre mes doigts. Je la lui présente. Je la lui donne. « Tu es un éléphant et pourtant tu as pu conquérir le cœur d’un chat bohème. Pense-tu pouvoir tenir cette rose sans t’écorcher les doigts ? »  


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MessageSujet: Re: Il m'a fielé du regard [terminé]   Lun 9 Juin - 3:03


Le coeur un peu battant, je crois. Je suis sûr. Enfin, il bat plus vite, oui, mais est-ce de sa faute ? De sa faute à lui, celui qui se dresse, comme ca, au milieu de mon chemin ? Il m'apparait alors qu'il n'est pas un chat. Pas vraiment. Il a quelque chose de félin, c'est vrai. Mais il a aussi quelque chose d'infiniment plus dangereux. A me barrer la route de cette façon. Est-ce de sa faute, ce palpitement ? Ou de la mienne ? A trop évoquer Jii, à trop penser à elle, ma courbe femelle, ma courbe femme, ma courbe volupté. Je ne suis pas sûr. Pas parfaitement sûr non, se serait maladroit, de ne pas penser que le doute existe, d'être tout blanc ou tout noir. Quand on tranche si parfaitement, on joue, on fait semblant, c'est un rôle. Rien n'est parfait comme au cinéma dans la vie, on zappe toutes les hésitations, tout les tremblements, les gestes et les actions erratiques, les moments incohérents, les disputes stupides. Un film qui ferait trop vrai serait en définitive un film absolument mal joué, parce que nous jouons mal, dans la vie de tout les jours. Ou peut être, nous ne jouons pas assez. A etre blanc ou noir. Nous ne jouons pas assez, on devrait essayer de vivre comme si on était au cinéma. Se serait sans doute plus simple. Un jeu d'acteur qui n'a pas de fin, quelque chose dans ce gout là. Au cinéma, le coeur qui palpite juste un peu plus fort, on n'en parle pas. Et cela m'arrange, cela me plaît, cet univers en contrastes, ou les répliques sont pensées, les hésitations aussi, ou rien n'est en définitive, un jeu de hazard. Sauf bien sur, les bug, les inatentions, une montre oubliée dans une scène moyen-âgeuse, un micro qui apparait dans un coin de l'écran, c'est fugace, ca a échappé au plus grand nombre. Seuls quelques uns s'en rendent compte. Ceux qui voudraient s'échapper. S'infiltrer dans les images. Se laisser happer. Ceux qui voudraient desespérement un ailleurs, tout, pouvu que cela ne soit pas ici, parle moi d'autre chose, montre moi d'autres couleurs, d'autres contrastes. Emmène moi ailleurs. Et les détails. Qui sautent aux yeux. L'envie quasi desespérée que les images soient vraies, alors que ton oeil traque le détail qui te prouve que ce n'est, après tout, qu'un film. La réalité en touches maladroites dans la fiction. On ne  peut pas s'échapper. Il n'y a pas d'ailleurs. Rien d'autre que la vie. Est-ce sa faute ? Ou figure-tu, toi le fauve, sur l'écran de mes envies ?

Pourquoi t'es tu levé, exactement ? Mes excuses maladroites ? Le compliment ? Parce que je t'avais vu en fin de compte, parce que je n'ai pas simplement raconté mon histoire, glissé un regard indifférent sur toi, l'observateur, parce que je t'ai parlé ?

« Ma beauté captivante ? Elle n’a pas du te captiver comme tu le dis sinon, tu m’aurais remarqué depuis le début. »

Il est devant moi sur le chemin. A me barrer la route. La remarque emmène un sourire qui s'étire, un peu comme une fleur, un peu comme la rose qu'il a a la main. C'est un personnage de film, celui-là. Celui-là est sans doute tout blanc et tout noir. Celui-là ne connait pas le gris. Un pressentiment. L'odeur du danger qui rôde autour de lui. Il l'a en écharpe brume. Lui qui s'interpose entre moi et ma fuite. Parce que oui, j'aurais voulu le fuir. Je ne veux pas penser que ses yeux trop fixes ont éveillé en moi une sorte de sentiments que je ne réserve qu'à ceux qui ne sont pas là, à ceux qui sont partis. Une sorte de sentiment parti, parti avec elle. Attirance. Physique. Mentale maintenant qu'il a parlé. Dans une moindre mesure, du désir. Il me tutoie. C'est familier, trop. Cela me déplait, cet applomb, cette insolence. Cela me déplaît, puisque cela m'attire. Ta curiosité - celle qui t'as poussée à te lever de ton banc, à venir jusqu'à moi et me barrer la route, celle qui te fait guetter mes réactions. Celle qui te fait me parler, me demander pourquoi. Pourquoi je ne t'ai pas vu de suite ? Parce que je pensais à elle. Est est en ombre lumière. A l'ombre de mes paupières ouvertes. Elle est là. Contre mon oeil. En filtre sur le monde. Contre ton visage. Alors non, je ne t'ai pas vu de suite. Pas immédiatement. Mais c'est vrai, tu sais ? Je ne répond rien. Je ne répond pas. Je ne t'ai pas remarqué dès le début. C'est vrai. Ta beauté est captivante. C'est vrai aussi. Attirante. A fuir.

« Un éléphant et un chat sont pas compatibles. Ils sont pas faits pour être ensembles. L’un est petit et l’autre est très grand, l’éléphant peut écraser le chat et non pas en prendre soin de lui. »

"Votre raisonnement est étrange. Vous n'êtes pas un chat." Non, pas un chat. Un fauve. Quelque chose de plus gros, qui me barre la route, présentement. "Faut il être fait pour l'autre ? L'éléphant doit il forcément écraser le chat ? Et faut il prendre soin du chat ?"

Ca en fait, des questions. Faut il être fait pour l'autre ? Tout nous séparait. Notre milieu social, nos caractères. Nous n'avions en commun que cette soif, cette soif de liberté. Cette soif d'un ailleur. Un ailleurs qui nous permettrait de nous évader. Un éléphant et un chat ne sont pas compatibles.  Nous n'étions pas compatibles. Et pourtant. C'est l'hstoire d'un éléphant et d'un chat qui s'aimèrent. En dépit de rien, sans contraintes, pleinement. Elle a un gout d'interdit, cette histoire, un gout de contre-nature.

« Ca ne m’étonne pas qu’elle soit partie chercher sa liberté. Un éléphant est envahissant de par sa dimension et ses bruits innés. »

Une épine. Une épine de rose. Douleur. Alors c'est ca, ta conclusion de l'histoire ? L'amour entre un éléphant et un chat, ca ne pouvait pas marcher. J'étais trop encombrant. Pas vraiment en marge de la société. Presque intégré. Ni d'un côté de la barrière, ni de l'autre. Non, elle m'aimait, Jii. Elle m'aimait, moi l'éléphant, avec mes bruits, avec ma circonférence, l'espace que je prenais. Elle m'aimait. Je souris encore, parce que je suis heureux, tout simplement. C'est simple la vie. C'est simple, le bonheur.

"Je suis un éléphant assez svelte, je crois. Et je crois aussi que le chat aimait l'éléphant. Qu'il serait parti aussitôt, si cela avait été impossible entre eux, parfaitement impossible. Mais non. Il est resté. Ils ont eu un fils"

J'hausse les épaules, désabusé. Un peu. Un coup d'oeil à la rose. Cet homme est danger. Cette homme est blanc ou noir. J'ai attrapé le chat, comme il m'a attrapé. Jii, en jambes graciles, en danses bohèmes. Elle était libre, avec moi. Tu insinues peut être qu'elle ne m'aimait pas. Toi, l'inconnu. Qui m'agace. Parce qu'il m'intrigue. Malgré moi. Je me défend de ressentir cette attraction.  

« Tu es un éléphant et pourtant tu as pu conquérir le cœur d’un chat bohème. Pense-tu pouvoir tenir cette rose sans t’écorcher les doigts ? »

Je pense au double-sens, quand j'attrape la rose. Je te regarde en pensant au double-sens de ta phrase, tu ne me parle pas de tenir une rose, simplement, je le sais, je le sent. C'est une métaphore. Qui se rapporte à quoi ? Qu'est-ce que tu veux me démontrer ? Tu piques, comme une rose ? Il est impossible de t'approcher sans s'erafler ? Qu'est ce que tu veux me dire ? J'attrape la rose, tu la tient encore une seconde. Puis tu la lâche. J'enroule les doigts lentement mais sans hésitation autour de la tige. Et je sers. Les épines me rentrent dans la peau. Je sers, sans chercher a écraser la rose non, mais sans chercher a éviter ses épines. Le sang perle, et je porte mes doigts a ma bouche, et la rose que je tient toujours. Le rouge macule mes lèvres une seconde. Puis je la laisse retomber, sans lâcher la fleur, que je fais tourner entre mes doigts pour l'admirer. Une beauté dangereuse. Je relève les yeux vers toi, et je réponds à ta question.

"Je n'ai pas caractère à éviter les épines. Si épines il y a, je l'accepte"

Entièrement. Comme j'ai accpeté le chat. Comme le chat à accepter l'éléphant. Il y a des hésitations. Mais pas de compromis.

"Votre beauté est captivante. Dangereuse." Comme cette rose, là, entre mes doigts. Je ne menfuis pas. Je l'observe à mon tour.  J'y reviens. Votre beauté. Et j'achève : "dangereuse". Danger.
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MessageSujet: Re: Il m'a fielé du regard [terminé]   Lun 9 Juin - 17:04



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Feat Louis S. Achéron


“Human at sight, monster at heart. Don't let it inside it could tear you right, apart.”

Je veux de l’inédit. Je veux de l’exclusivité, je veux du sang nouveau englobé dans un corps aux rides des années passées. Je veux du nouveau, je déteste les dépassé. J’en ai marre des effarouchés, ceux qui se pensent intéressants de part leur chair à vendre. Ceux qui s’offrent en me pensant banal, en quête de plaisir momentané et passager. Je n’en veux pas du passager. Je veux du durable. Le plaisir durable. Pas celui qui dure un instant en ayant l’illusion de toucher Eros du bout des doigts. Je ne veux pas l’effleure, je veux le toucher et me fondre en lui. Je veux Caligula aussi. Je veux du rouge, je veux du noir mais pas du gris. Le gris ne se marie pas au teint de ma peau et ne contraste pas aux rythmes de mes pensées. Mes pensées sont vastes, elles sont immenses, un océan sans fin qui s’étend jusqu’à l’infini. Elles sont comme ça, mes pensées sans limites, sans barrière forgées de lois nauséabondes crées par les autres. Les autres, je les méprise pourtant, il fut un temps où je les aimais. Parce qu’ils avaient à me donner de leur savoir, à me construire. Mais en réalité, ils ne sont qu’un mur, épais et interminable qui se dresse entre moi et mes envies. Un mur, comme je le suis là, maintenant, devant cet inconnu au chapeau haut de forme et ses manières d’un bon aristocrate tout droit sorti d’un long métrage. Un film en noir et blanc, où le contraste du noir surplombe l’immaculé blanc. Il n’y a pas du gris dans ce film où tu es l’héros. Tu es blanc ou noir, peut-être avec une touche de rouge. Etrangement, je le sens, le rouge ne te fait pas peur. Au contraire, il ajoutera une touche de couleur à ton quotidien souffrant d’un manque inexpliqué. Peut-être qu’un vide a pointé le bout de son nez quand le chat a disparu. Laissant cet éléphant, cette gigantesque peluche seule. Perdue ?

Je ne suis pas une beauté captivante ou de moins, personne ne m’a appelé comme ça. Les appellations varient entre psychopathe, sociopathe, enfant taré, vampire cinglé et j’en passe. Moi, je me considère comme un être cherchant à baiser la vie et ses habitants. Je cherche à éprouver du plaisir dans le moindre petit geste de la routine. Je cherche du challenge. Cette entité qui arrivera à me faire battre le cœur d’une avidité audacieuse. De me faire veiller le soir, celle qui me fera oublier Morphée et la chaleur de ses bras. Celle que je suivrai en ayant la trique. Celle que je me toucherai en pensant à elle. A lui. A son sourire qui s’étire à mes paroles, à son chapeau qui danse sur sa tète à chaque petit mouvement. Mon cœur bat et je l’écoute. Je sais qu’il s’excite dans sa cage trop oppressante. Il veut parler, cet organe, il veut s’exprimer à travers les maux qui s’échappent de mes lèvres. Des mots que tu pourras qualifier d’étrange, une bizarrerie qui s’interpose entre toi et ton chemin.

"Votre raisonnement est étrange. Vous n'êtes pas un chat." Non, pas un chat. Un fauve. Quelque chose de plus gros, qui me barre la route, présentement. "Faut il être fait pour l'autre ? L'éléphant doit il forcément écraser le chat ? Et faut il prendre soin du chat ?"

C’est à mon tour de sourire. Tant de manque de réponse, tant de prise de tète dans ces questions. Je hausse les épaules. Je comprends. Tes rides, ne sont pas le fruit des années qui violent ta vie, ce sont l’étendu de la complexité de tes pensées qui me laisse perplexe pendant un instant. Et puis ma tète est secouée par la contrariété que tu évoque en moi. Je n’aime pas voir un homme se torturer l’esprit de la sorte.

« Mais, un fauve, peut-il réellement barrer la route d’un éléphant ? Mais oui. Ils ne sont pas fait l’un pour l’autre, remarque, ils ne sont plus ensemble là. »

Un petit jeu auquel j’m’y prête parce que cela m’amuse. Parce que cela m’aide à apprivoiser la bête, tâtonner ses envies, découvrir ses plaies que je lècherai pour les désinfecter. Je ne les ouvrirai pas non, j’en créerai d’autre, d’un tout autre genre. Faut-il accepter de se laisser aménager par la découverte de l’inédit. Il ne sera pas forcément alléchant cet inédit.

« Svelte ? Je n’aurai pas qualifié tes pensées de sveltes non. Et tu sais, des enfants naissent d’une passion d’un soir et qui prendra fin dès l’arrivée des premiers rayons de soleil. Elle t’aimait ? Je pourrai t’aimer aussi. »


L’amour. Ce sentiment qu’on traite de noble, d’explosion de sentiments, de création d’adrénaline. Mais qui apporte aussi de l’apaisement, une certaine quiétude tant que l’être aimé est à nos cotés. C’est vrai, je pourrai l’aimer moi aussi, à ma façon, d’une manière différente qu’un chat bohème, un chat sauvage. Je pourrai l’aimer comme je les ai aimé eux, avant eux. Mais ils n’ont pas accepté ces sentiments, ils les ont bafoués. Le dernier date de ce matin, ce créateur de bruits incommensurable. L'amour n'est pas seulement une émotion grandiose, il est simple, on peut le rencontrer à quelques pas d'ici, on peut le ressentir quand on regarde notre acteur préféré ou quand on mange notre friandise favorite. L'amour, n'est ni complexité, ni banalité, c'est une simplicité qu'on idéalise un peu trop, la rendant presque inaccessible.
Il prend ma rose et je l'observe, lui et l'absence flagrant d'expressions sur son visage bien pâle. Il prend ma rose et ses épines. Il les serre des doigts, les salue d'un geste peut-être un peu trop brusque. C'est vrai, il n'a pas peur de s'écorcher les doigts. Il n'a pas peur de ses épines mais il en aura s'il découvre les miennes. Les miennes, ne se contenteront pas de lui tâcher les doigts non, la peine physique est bien minime face à celle de l'esprit. Mais c'est grâce à cette blessure physique que le corps comprend sa vivacité, son appartenance à la vie.

« Vraiment, tu accepte mes épines ? Pourquoi j'ai l'impression que tu ne sais pas où tu es entrain de mettre les pieds ? »

Les hommes ont cette fâcheuse manie de foncer, la tète la première. Avant de la heurter à une surface bien trop ruche, trop douloureuse. Et c'est seulement à cet instant qu'ils font marche arrière, se rendant compte de l'étendue de leur connerie. Pourquoi serais-tu différent des autres ? Les autres, ce n'est pas toi, par hasard ?
Il recommence. Mais cette fois, un mot au sonorité étrange s'impose dans son compliment. Enfin, compliment ... Je ne saurais dire.

« Et pourtant tu n'as pas osé à enfoncer tes doigts dans les épines. Ou était-ce une démonstration futile d'un courage plutôt lâche ?»

Je hausse les épaules, j'ai pas encore fini. Je viens à peine de commencer. Peut-être je ne sais pas m'y prendre. Cela ne changera pas de l'habitude mais je tente. Parce que je suis tentation.

« A force de me répéter que ma beauté est captivante, je suis tenté de penser que tes mots sont une drague. Une drague plutôt captivante et, dangereuse. Pour toi, évidemment. »





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une effraction d'la réalité

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MessageSujet: Re: Il m'a fielé du regard [terminé]   Lun 21 Juil - 1:02

L'insolent jeune homme que voilà. Qui non comptant de se tenir au milieu du chemin, s'amuse. Il joue. Il se fait les griffes. Je tente de me sortir cette idée de la tête. Parce qu'il cherche, l'enfant roi, il cherche, il attrapeet il mord, il plante là ou ca fait mal. Ses lèvres se sont étirés en un sourire, un sourire paresseux. Il hause les épaules, et mes yeux suivent le mouvement sous le tissu. Puis se plantent dans ton regard. Tu as les dents longues, l'enfant. Je n'aime pas trop ca. « Mais, un fauve, peut-il réellement barrer la route d’un éléphant ? Mais oui. Ils ne sont pas fait l’un pour l’autre, remarque, ils ne sont plus ensemble là. » L'envie de défaire ton sourire d'un coup de poing passe, fugace, entre nous. Je sentirais la pulpe éclater, se serait beau, a n'en pas douter. Mais ca passe. Parce que je n'ai pas été éduqué de cette façon. Parce que tes paroles emmènent les prémices d'une colère qui s'étouffe d'elle même. Parce que c'est faux. Je n'ai pas besoin de sentir son souffle pour qu'elle soit avec moi. Elle ne me quitte pas. Je la porte au creux de mes souffles, là, quand je respire. Je ne réponds pas, mon regard se posant sur tes lèvres qui prononcent des insanités, puis se plantant de nouveau dans le tien. Un peu comme on plante un drapeau. Puis c'est mon tour, de sourire, parce que ta pique n'attend pas de réponse. Parce que je sais que tu me provoques, et que se serait trop facile, trop simple de s'emporter pour si peu. De te frapper pour si peu. Je sens dans ton attitude comme un besoin de tester, d'essayer. Mais je ne suis pas une sorte de paillasson sur lequel tu peux t'essuyer les pieds. Et je ne veux pas jouer a ce jeu. Pas avec toi.

« Svelte ? Je n’aurai pas qualifié tes pensées de sveltes non. Et tu sais, des enfants naissent d’une passion d’un soir et qui prendra fin dès l’arrivée des premiers rayons de soleil. Elle t’aimait ? Je pourrai t’aimer aussi. »

Danger. Que me chantes-tu là, petit rapace ? Que vois-tu quand je te parle ? Je songe a Absynthe, a Oscar, cette recherche d'attention quasi paternelle, cette demande si semblable qu'ils ont a mon égard, et je sais aussitôt que tu ne parles pas de ca. Mais je ne suis pas une sorte d'objet que l'on pourrait aimer, je ne suis pas une sorte de jouet, et je crois que c'est de cela dont tu parles, une sorte d'amour de la nouveauté. Cela me fait froncer les sourcils. "M'aimer ?" Ces prononcé, comme un échos. Je te sonde. Tu as la parole facile, peut être un peu trop. Tes paroles me déplaisent de plus en plus. Parce qu'elles me gênent. Je n'aime pas ce que tu insinues, d'une phrase a l'autre. Ma vie, quand elle passe entre tes lèvres, se transforme en un ensemble dénué de sens, un fil si tenu qu'on pourrait le briser en soufflant. Puis elles me portent, finalement. Jii dans le feu dansant, Jii autour du feu gitan. LA courbe de ses hanches en rouge et or. Jii qui se penche, amour dansant, qui se penche et qui me tend la main. Je me souvient de cette nuit là. Celle nuit là ou nous nous sommes aimés si fort, ou nous avons crée quelque chose d'inédit, de merveilleux, quelque chose qui devrait crier, en aspirant de l'air pour la première fois, de longs jours plus tard. "Une nuit comme celle là vaut des années"

Je l'observe qui m'observe, alors que je sers les doigts sur la rose, c'est un jeu qui n'a pas de fin. Tu me prends pour une souris ? « Vraiment, tu accepte mes épines ? Pourquoi j'ai l'impression que tu ne sais pas où tu es en train de mettre les pieds ? »

J'ai envie d'un thé. C'est soudain comme la brise légère qui passe dans tes cheveux longs. Ils accrochent la lumière a tes mouvements d'épaule, tes petits gestes d’agacement. Je n'avais pas imaginé le double sens. Parfois, j'ai l'impression que mon rôle de professeur m'en fait voir partout, mais non. Et toi, sais tu ou tes pieds te mènent ? Il n'y a que les sots pour croire qu'ils guident eux même leurs pas. Es-tu un sot ? Je lève les yeux vers le ciel. Les nuages épars n'indiquent pas la pluie. Une drôle de montre difforme évolue paresseusement dans le ciel, en fil de coton blanc.

"Les votres ? Etes-vous une rose ?"  

J'observe la rose, qui tourne entre mes doigts. Une goutte de sang perle, et rouge dans ma paume, s'enroule autour de mon poignet. C'est vermeil.  « Et pourtant tu n'as pas osé à enfoncer tes doigts dans les épines. Ou était-ce une démonstration futile d'un courage plutôt lâche ?»

Je me demande ou il veut en venir. Un courage plutôt lâche ? Quoi, une vantardise ? Je me demande. Je ne me pose pas ce genre de questions. Il y a dans mon caractère quelque chose d'assez primaire, de brut, qui avance sans raisonner, comme l'éléphant qui marche. Cette chose là ne crains pas les épines, c'est aussi simple que ca. Alors j'attends, je me demande. Puis cela me semble clair. Alors je réponds, puisque réponse il faut. Je m'avance suffisamment près pour observer la différence de taille minime qu'il y a entre nous. "De quoi suis-je sensé m'effrayer ?" Je n'ai pas peur de toi, l'enfant, pas peur de ton insolence et de tes sourires, pas peur de tes piques, pas peur de tes griffes de petit chat. Une voix me souffle, comme ca, 'pas encore'. Nous verrons. Pour le moment, non, tu ne m'effraies pas. Ce qui m'effraie, c'est cette attirance quasi malsaine que je ressens depuis que mes yeux se sont posés sur toi. C'est poison, je sais, c'est danger, je sais. C'est quelque chose comme un interdit a ne pas transgresser, ca sent la dépendance. Encore. Il me laisse sans voix, ce drôle de spécimen, c'est le moins qu'on puisse en dire. Puis il annonce la couleur, et ce qu'il dit me laisse d'abord de marbre, sonné. Puis cela me fait rire. Rire d'un rire plein, comme un bon vin, parce que ses paroles s'y prêtent. Que sais tu des dangers que j'encourt ? Tu es danger, c'est vrai, mais je doute que tu saches vraiment a quel point. Le rire s'éteint, mais reste accroché a mes lèvres, en un sourire. Mon regard erre sur les tiennes. Tes paroles ont pris un sens ridicule, enfin, je suppose que tu cherches encore a piquer, piquer quoi, je ne sais pas, une curiosité d'un autre genre. J'ai soudain envie de savoir. Si tes lèvres sont aussi douces que ce que tes paroles sont tranchantes. Ce que tu dis et tellement démesuré. Le fait qu'un jeune garçon de ton âge profère ainsi une telle phrase a un aîné après quelques phrases échangées a quelque chose d'iréel. Je n'y crois pas.

"On peut apprécier la beauté et le piquant d'une rose, sans pour autant vouloir la posséder. Ce n'était pas de la drague." Ce mot sonne étrangement. Comme une vulgarité de langage.  "Vous êtes beau, on a déjà dû vous le dire quand même ? Si ce n'est pas le cas, eh bien, se sera une première."

Un peu comme au cinéma. Peut être jouons nous la scène d'introduction d'un film étrange. Je me demande quel son collerais aux images. Peut être quelque chose aux sonorités angoissantes. Qui laisserait présager une suite plus sombre.
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