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 nikita & louis ✣ just some bones stacked on the floor

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MessageSujet: nikita & louis ✣ just some bones stacked on the floor   Ven 22 Aoû - 22:42


just some bones stacked on the floor

« Sade … Saaade … » Grands marmonnements de gamin terrifié. Tu trembles, égaré. Tu piailles son nom, en dépossédé. Petit corps errant. Tu crois que Sade t’a abandonné. Ton héros t’a délaissé. Tu t’es enfoncé dans une ruelle. Trop loin. Il fait trop sombre. Trop nuit pour que tu parviennes à te repérer. Tu as foncé tête baissée. Tu as couru. Après quoi ? Après qui ? Après un lapin blanc au coin de la rue ? Tu t’attendais à mille merveilles ? Te voilà dans un monde sans pareille. Ah. Ça ne sent pas bon. En fait, ça pue. Il fait sombre. Ça te fait peur, la nuit comme ça. C’est humide. Les gouttes de pluie tombent du haut des gouttières percées. Ploc. Ploc. Ploc. Tes fringues et tes cheveux détrempés. Les bruits de la ville. Ils résonnent dans ta tête en boucle, sans jamais s’arrêter. Tu tournes en rond. Tu marches encore, épuisé. Tu pleures. L’eau de tes joues se mêle à l’eau du ciel. Les nuages gris pleurent avec toi leur détresse. Où es-tu ? Où est Sade ? Quand est-ce qu’il vient ? Quand est-ce qu’il se rend compte que tu n’es plus là, et qu’il sort de sa caravane ? Quand est-ce qu’il avait, avec ses cheveux sombres qui volent au vent, ses tenues près du corps qui moulent ses formes, et puis ses bottes en cuir qui font du bruit sur les pavés ? Quand est-ce qu’il se décide à venir à la rescousse de toi, Yuri l’égaré ? Tu pleures trop fort encore. Ca résonne un peu dans la rue vide. Tu renifles. Le nez plein de morve. Le nez qui n’en peut plus de respirer l’odeur crade des rues. L’horreur. Tu t’essuies dans la manche de ton pull. Il est quelle heure ? Tu es là depuis quand ? Depuis combien de temps ? Une heure ? Deux ? Dix ans ? Des siècles, peut-être ? Tout seul. Sans rien d’autre que toi, l’âme perdue. Sans lumière pour véritablement éclairer tes pas maladroits.

Longues années d’errances. Aveuglé, trop épuisé, tu as traversé le pont. Tu as retiré tes souliers qui commençaient à te faire mal aux pieds. Tu vagabondes, la peau nue. Tu trembles de froid. Tu as oublié ton pull chez toi. Tu crois que tu ne quémandes plus qu’un peu de chaleur. Une lueur, un feu de bois. Tu ne sais plus où est le mini-van. S’il est de tel ou tel côté. S’il a un jour existé. As-tu eu un jour eu une histoire, une vraie, ou est-ce que la ville t’a avalé ? Pleurs. Tu t’es recroquevillé sur un banc. Là où la terre se fend. A tes pieds s’étend un trou béant. Fosse dans ton cœur. C’est la fin du monde au bout de tes pieds glacés. Un grand précipice, des rochers saillants. La Terre qui s’est effondrée. La vallée dominée. Moitié de montagne qui tente de se faire plus grande pour le monde plat qui s’étend ici-bas. Moitié de montagne détruite. Brisée par le monde, par le vent qui s’acharne à l’éroder. Le vent qui s’accroche à ta peau. Il s’infiltre dans tes cheveux. Lui, il tente aussi de t’emporter. Lui, il pourrait te ramener de là où tu venais. Lui, il n’en a rien à faire, de tes hoquets effrayé. Bien qu’il tente désespérément de t’enlacer. Tu t’égares dans ses longs bras. Tu es l’enfant perdu. Le gosse égaré. Celui qu’on a oublié. Celui qui ne comprend plus où ses pas l’ont mené. Tu serres tes pieds gelés de tes doigts froids. Sans parvenir réellement, dans la nuit, à les réchauffer. Tes pieds qui brûlaient d’avoir trop marchés. Tes pieds que le goudron tiède a glacés. Le sol avait tenté de t’arrêter. De t’aider à retrouver ton chemin. Egaré. Tu ne l’as pas écouté. Et Sade n’est jamais venu te chercher. Jamais.

Abandon. Forme qui se décide derrière les litres d’eau qui s’agrippent à tes yeux. Tu relèves la tête. Tu plisses les paupières. Pour mieux voir. Tu renifles encore un peu. Tu as eu un peu d’espoir. Vite envolé. Ce n’est pas sa démarche familière. Ce n’est pas lui. Le destin ne te l’a pas apporté. Tu voudrais bien qu’il vienne contre toi, pourtant. Qu’il réchauffe un peu ton corps glacé. Qu’il fasse s’en aller tes larmes gelées. « T … T’es qui … ? » Voix grelotante. Chevrotante. Tremblotante. Tu n’oses pas bouger de ta place à peine chauffée pour le saluer. « J’ai f … froiiid … » Tu murmures. Tu aimerais bien qu’il vienne vers toi. Qu’il te réchauffe un peu de ses bras. Tu voudrais qu’il s’installe là. Sur le banc encore un peu mouillé. Légèrement détrempé. « Tu … Tu veux pas v … venir ? » que tu demandes quand même. Pour tenter de l’inciter. Tu as même déplié un bras, pour tendre une main. Quelques doigts. Pour qu’il les attrape, et qu’il vienne se poser vers toi. Tu renifles encore. Fatigué. Pour te donner un peu de contenance. Pour tenter de ressembler à quelque chose, avec tes traits tirés et tes cheveux emmêlés. « Toi aussi, t’es perdu .. ? » Tenter de bavarder te réchauffe un peu. Ca consomme les forces qu’il te reste. Encore un peu. « Tu … Tu sais où il est, Sade ? » Autant aller à l’essentiel. Qu’il te donne la vérité. Les réponses à tes pourquoi, à tes comment, et tous tes autres questionnements. Pleurnichements. Pleurnichard pleurnichant. « Tu … Tu crois qu’il me retrouve p … pas ? » Ou qu’il veut pas. Ou que t’es trop loin. Et puis qu’il ne s’en sort pas. Et puis qu’il s’inquiète vraiment pour toi. Même si ce n’est pas la première fois. Même si c’est souvent comme ça. Puis tu voudrais bien qu’il te dise qu’il est en train de retourner ciel et terre, ton ami. Ton amant. Juste pour toi. Juste pour le bonheur d’être avec toi. De savoir ton corps sain et sauf, sauvé du monde tout sombre. Du roncier tout épineux dans lequel tu peinais à respirer. Celui dans lequel tu t’étais malencontreusement enfoncé.

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MessageSujet: Re: nikita & louis ✣ just some bones stacked on the floor   Sam 23 Aoû - 13:40



Ma tête. Il pleut des arbres morts au fond de mon crane, je me traine en image diaphane. Encore. Encore. Et ca coupe quand les arbres pleuvent au fond des rivière, comme si le monde pleurait, triste. Orage suintant quand le froid se referme en étau de glace sur la peau. Presque nu. Encore. Encore. J’ai froid quand la bruine cingle ma peau, frappe, comme des petits couteau, et ce sont des lames de rasoirs qui dévalent ma peau, pas des petites gouttes d’eau. j’essuie, le sang à mes lèvres et j’avance, nu sous ce sweet, nu. J’ai froid. Des frissons parcourent mon corps et je m’étale dans le sol trempé. Une larme sors de mes yeux, une seule. Je ne pleurs toujours qu’une seule larme. Et mon corps spasmatique semble enfler de douleur. J’ai mal. Encore. Encore. On crois qu’on prends l’habitude, tu sais, a force, les coups, on les sent plus. Mais y en a qui font toujours trop mal. Je l’sentais bien c’client là, il avait l’air gentil avec ses mots doux, cultivé. Il parlait grèce, et mythe, il disait que j’étais un mélange entre Apollon et Hadès, un petit ange de mort, que j’devais être le fils de Thanatos ou quelques chose comme ça. Il m’a amener dans sa petite cabanne en bordure de forêt, il n’y avait pas de nuage, juste le soleil qui mourrait contre les vagues, vers la falaises dans éclats des sang orangé violacée. Moi j’suis entré. Il avait l’air gentil tu sais. J’en avais vu des pires, qui ne te parlent pas, qui te touchent tout le long du trajet, qui commence à te salir en te racontant ce qu’il vont te faire. Lui il m’a juste réinventé en perle grèce. Mais si j’avais su. j’suis rentré, il n’y avait pas de lumière. Le sang qui s’glace dans mes veines. j’ai peur du noir. Le noir, on m’y a enfermé. Le noir ma brisé, quand j’étais que cette masse de peau brisée pendue à son sling, en punition. j’ai peur du noir. Allumes la lumière «Allumes la lumière....» voix faible. Brisée. «S’il te plait».

Et la lumière fut. J’aurais préféré qu’il l’éteigne, qu’il me laisse dans le noir de l’inconnu plutot que de celui du portait de ses fantasmes. Un grosses croix en chéne tronait au milieu de la pièce ou péle méle se mélaient des jouets attroce. Un frisson de peur. Non. Non. «Non...» Un murmure. J’ai pas l’choix de toute façon. Alors il vient le serpent, avec ses mots, il me donne des noms quand sa langue bifide rape la peau de mon cou, et je sens ses écailles quand ses doigts me déshabille, et me laisse nu, sous ses yeux fendue en ogive noire. Et je sens, son allais fétide, et le venin dans ses morsures. Je soupirs, j’invente dans mes yeux une scène plus belle, des sons plus beau. Mon dos frappe contre la pierre granulée du murs, érraflant, j’ai mal. Un cris poussif sors de ma bouche, j’en ai presque honte. Sa bouche de vampire est partout, partout, puis, ses mains baissent ma tête et je tombe à genoux devant son sexe trop gros, trop vieux. Je ferme les yeux. Et d’un mouvement de hanche il me baise la bouche tandis que moi, moi j’ouvre ma gorge à en gerber. Je souffre, des larmes salées sortent de mes yeux tandis que je perds le souffle. Je vois des étoile et ses mains comme des aréignées trop blanchent copulent dans mes cheveux. Son corps Albinos s’assois, prends mon menton dans ses mains et son sourire vorace viens cueillir mon regard, affolé. Moi j’ai peur. Mais je ne le montre pas. Je t’empale à mes yeux, coléreux, insoumis. Alors la giffle fauche mon visage déjà rouge. «Baisses les yeux».

Soumission, je m’empale, et je baisse les yeux, je m’étale dans ce regard qui se perds en flaque sur le sol. La pluie tambourine contre la vielle cabane dont les tuile laisse filtre de longue larme glacées. Il pleut sur ma peau. J’ai froid, j’ai peur. Je meurs. Mes doigts grattent le sol, paniqué. Lui, il se baisse, lui, il ceuille mon menton, le relève, mes yeux s’enracines sur le plancher gondolé par l’humidité. Sa bouche vient me chercher, vient contre la mienne, poisseuse et nauséabonde. Son baiser a un goût de cadavre, mais j’ouvre la bouche. J’ouvre. J’abandonne. Je le laisse gagner et sa langue est un serpent qui se glisse jusque dans mon estomac. Incube difforme. Il mord, il croque mes lippes jusqu’à ce qu’elles explosent dans sa bouche, jusqu’à ce qu’il puisse se délécter de mon sang, le vampire aux dents noir. Et puis, il me pousse sur le sol. Sans somation ouvre mes jambes et me brise. La douleur n’est qu’une introduction, ses mains tordent mes membres, frappent mon corps pendant qu’il me prends, qu’il me remplis, qu’il me fend le corps en deux. Je n’ai même pas la force de crié, je m’agite juste, grattant le sol a m’en retourner les ongles. Je pourrais bouffer ma langues et m’étouffer dans mon sang, histoire de crever. Histoire de mourir. Mais quelques choses au fond de moi s’éveil. Je revoit Louis, le beau Louis, le gentil Louis, et sa chambre grise, et ses bibelot, et ses yeux nuages, et ses paroles. Je voit Absynthe, les mots sur ma peau. Je vois le monde au creu de ses mains quand il tissait mon corps. Non. Non. « NOOOOOON ! ». Mon pied frappe sa tempe, il part en arrière et je me jette sur lui, je me déchaine, mes poings frappent, craquent ce visage éclarlate de nos sangs mélés. Je vomis contre lui, je vomis ma haine, je le frappe pour tout les autre, pour tout les vampire qui m’ont vidé, tous ceux qui m’ont tué. Son poings s’abat sur mon visage et je roule sur le sol. J’attrape mon sweet et m’enfuis, en courant. En boitant. De longue rigole de sang dessine des motifs cruel sur mes cuisse. Je cours. L’eau me labour, me lave. Et puis. Et puis. J’entends, gémissement. Moi je suis faible, je m’étale en marasme sur le sol. Dans la bous. Je ne marche pas. Loin derrière moi la lumière d’une lampe trace des sillons morbides dans la nuit orageuse. Puis abandonne. Le bruit d’une voiture. Plus rien. J’avance, je rampe, je me lève, je boite. Je me traine en loque jusqu’au fantome, sur le banc. Il parle. Il parle encore, affolé, moi je bois ses paroles. Je ne suis pas seul ce soir. Mais. Il est aussi faible que moi, sinon plus. Alors je m’approche en silence, je pue le sang, la sueur, l’urine et le sperme. Mais je le prends dans mes bras. J’aspire sa chaleur. J’aspire. Je me colle, je me blotis contre lui, un autre enfant, voilà, un autre errant, une autre perdition, un autre solitaire. Un autre mort vivant. Je balbutie « V.. viens…On…va…on va trouver Sade… »J’ai capter ce nom dans sa logghorée bégaillante. « Il faut qu’on retourne vers la ville ». J’ai froid. Si froid. Il faut. Alors, je me lève et de mes dernière force tracte son corps jusqu’à moi. Nous nous effondrons sur le sol. Lui sur moi. Alors je regarde dans ses yeux. Et je me brise. Les larmes dévalent mes joues en chemin de croix. C’est la passion de course bohéme sur la peau ensanglantée de mon visage. « J’vais avoir besoin d’aide…pour marcher ».  

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MessageSujet: Re: nikita & louis ✣ just some bones stacked on the floor   Sam 1 Nov - 13:56


just some bones stacked on the floor

Shploch. C’est le bruit de l’âme salvatrice qui débarque. Elle entre en communion avec le sol détrempé. Elle s’étend sur la surface boueuse, la tête la première, et tu ne peux que la contempler. Une lumière vient l’éclairer. Des phrases de voiture dans le tableau, qui surviennent, une fraction de seconde, avant de s’effacer à nouveau, dans un ronronnement de moteur. Tu continues de déblatérer. Pour qu’elle comprenne que tu avais besoin d’elle. Que c’était cette âme-ci que tu attendais. Pour qu’elle comprenne qu’elle se devait de soigner ta panique, maintenant qu’elle était enfin arrivée. Tu continues de pleurnicher, désemparé. Le corps perdu s’avance en égaré. Tu le sens t’attraper dans ses bras. Tu te redresses un peu, presque surpris, avant de te blottir contre lui, doucement. Tu fermes les yeux tout en pleurnichant. Le sauveur traine avec lui l’odeur des bas-fonds. Tu l’imagines essayer de trainer les autres âmes désespérées vers la sortie. Se salir un peu, puis remonter à la surface. Avant de retomber. Alors, tu t’égares contre le corps qui sent mauvais. Tu dois à peine être mieux, de toute façon. Mais tant pis. Vous êtes là, l’un contre l’autre, à essayer d’exister. A vous accrocher comme un s’accrocherait à une bouée de sauvetage. L’un à l’autre. L’un pour l’autre. « V.. viens … On … va … on va trouver Sade … » Tu renifles en hochant la tête. Ça te rassure qu’il veuille t’aider comme ça. Qu’il cherche à combler ton petit cœur, pour que tu cesses de pleurer. Pour que tu puisses, à nouveau, exister en toute sécurité. « Il faut qu’on retourne vers la ville. » Voilà qu’il se décide à agir. Il prend les commandes de ta pauvre tête. Tu lui remets ton destin. Pour qu’il puisse te guider. Et le garçon l’attrape à pleines mains.

Vos corps s’élèvent un instant, avant de retomber lourdement. Tu t’écroules sur lui, presque surpris de ce qu’il t’arrive. Tes pieds nus crient un instant, glacés. Tu le vois pleurer, alors que tu renifles difficilement, dans l’espoir de te contenir. Tu hoquettes un peu, alors que, du bout du regard, tu détailles son visage malmené. Le sang se mêle à la terre. Ta mèche détrempée vient s’égoutter sur son visage angélique. Sur sa figure torturée. Martyr de ces nouvelles années. « J’vais avoir besoin d’aide … pour marcher. » Tu hoches doucement la tête, avant de lui offrir un bisou sur la joue, pour le réconforter. Pour essayer de le rassurer. Du bout des doigts, tu lui essuies doucement la peau. « C’est … C’est du vrai sang ? » que tu demandes. Et puis tu trembles un peu. Tu te souviens d’Yrian, de la mare de sang dans laquelle il s’était allongé. Du sang sur tes doigts, et puis celui à tes pieds. « Est-ce que ça fait mal ? »que tu murmures, doucement. Calme violent sous ton crâne, pour quelques secondes. Voilà que tu crois avoir trouvé ton nouvel héros. Tu tentes de te relever, d’articuler un peu ton corps faible et fatigué. Tu t’es baissé, pour l’attraper. Pour l’entrainer avec toi. S’entraider. Voilà que, toi aussi, tu devenais l’ange gardien de quelqu’un. Un gamin salvateur, une petite boule d’espoir qui gambade. Tu le serres presque contre toi, contre ton petit corps, très fort. Les paupières closes. Ton sauveur. Tu l’aides à passer son bras par-dessus tes épaules, passe le tien par-dessous les siennes, et tu attrapes tes chaussures nouées ensemble avec ta main restante. Tu t’es décidé à tenter un pas. Les jambes tremblotantes. Tu frissonnes. Encore un peu. « P … Pourquoi tu … Tu peux pas marcher tout .. tout seul ? » que tu demandes, en bégayant à moitié. Frigorifié. Tu tentes d’établir une conversation. De soulager vos esprits noyés. Si lui te guide, peut-être que toi, tu pouvais l’aider. Le pousser plus haut. Lui mettre la tête dans les étoiles, pour qu’il puisse s’orienter. Trouver la voie. Un quelconque chemin qui te ramènerait chez toi.

« Est-ce … est-ce que c’est Sade qui t’a dit de venir me chercher ? » que tu finis par articuler, avec une légère timidité. Léger doute. Tu trembles. Tu trembles, dans tes vêtements détrempés, guère plus réchauffé avec tes cheveux dégoulinants. Sa mèche s’étale en gouttelettes sur son nez. Elle chatouille ta peau, t’obligeant à secouer la tête. Sans forcément t’en rendre compte, tu éclabousses ton voisin. « P … Pourquoi qu’il est pas v’nu, hein ? … Pourquoi qu’il est pas v’nu m’chercher ? » Tu te remets à hoqueter. Tu renifles, tout en continuant d’essayer de le trainer. Tout en tentant de l’entraîner. Tu dois avoir besoin de réponses, pour essayer de combler les trous de ta tête paniquée. Pour essayer d’assembler les morceaux. Tu voudrais penser correctement. Raisonnablement. Pouvoir réfléchir sans tout déformer. Sans avoir à trop vite t’emballer. Tu soupires, épuisé. « J’veux rentrer m’coucher … » que tu marmonnes, avant de rajuster un peu plus ta prise sur le bras qui t’épaulait. « On est dans la ville, maintenant ? » que tu demandes, presque impatient, alors que tes pieds rencontrent un trottoir, éclairé par la lueur d’un lampadaire. Tu t’arrêtes, un instant. Pour reprendre ton souffle. Pour soulager un peu tes épaules du garçon qui t’accompagnait. Tu l’observes encore, sous la lumière orangée. Tu le regardes, tu contemples le jeune homme jamais nommé. « Ils t’appellent comment, les autres ..? » Question en suspension. Tu t’essuies le nez avec ton bras trempé. Tu renifles encore, gelé. Tu t’égares un instant à le regarder. Tu lui inventes des noms. Des surnoms. Tu lui crées une identité. Une histoire, un passé. Des objectifs de vie, quelques hobbies, et une bonne demi-douzaine d’amis. Tu voudrais l’imaginer ami de Sade, ange gardien capable de te guider. Tu voudrais croire qu’il avait décidé de te retrouver. Pour combler le cœur soi-disant brisé de l’autre tatoué. « Comment t’as su où j’étais ? » que tu finis par ajouter. Après de longues secondes de silence. Après l’avoir redessiné, au fond de ton crâne. Après l’avoir réinventé tout entier. Et de pauvre garçon, il devenait héros de toutes les nations.

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MessageSujet: Re: nikita & louis ✣ just some bones stacked on the floor   Dim 2 Nov - 21:27

Il est rouge, ton monde. Il est rouge. Il pleut tu sang sur tes ombres, mais toi, petit, toi, tu les vois pas. T’es trop petit pour ça, toi, t’es un bébé, toi, t’es une poupée, toi, et tu danse. Petit danseur, petite danseuse, dans ta boite a musique, oh oui du danse, dans l’noir de ton carcan, tu danse comme si tu crevais. C’est beau, ta candeur de ballet. C’est beau, tes fissures, bel astre, petite étoile. Regarde. Ton monde. Il est rouge. Mais toi du danse, au chaud dans ta boite a musique. T’entends pas que tes rouage ou rouillée, que ta musique sonne faux, que tes larmes sont des désaccords avec ton visage trop mort, trop vivant, trop enfant. Alors tu danse, et moi j’ouvre la boite, tu sors, porcelaine craquelée, tes membres recollée sont mal soudé, et tu tombes, et tu tournes, et tu virevoltes, tu crois que tu vis, puisque tu cris, alors tu chantes, et tu fais le manège. Moi, j’aime bien cette musique. Moi, j’vais te sauver de cette nuit. Moi, j’ai besoin d’aide aussi, moi, j’veux t’aider pour me sentir en vie. Alors on marches, regardes, figures pathétiques dans le soir, a demi nu, a chialer en écumoire, a se trainer dans la moire, et crever dans l’espoir. Toi t’invoques ton nom, tes héros, tu m’regardes comme si j’étais quelqu’un, comme si j’étais beau. Ce regard plein de besoin, j’m’en rappelle tu sais, c’était le mien. Avant que le verre ne se brise, que je laisse l’écume s’envoler, avant que la lumière s’amenuise, ne laissant que l’ombre, étiolée, renversée.  Ton regard plein de rêve, moi, j’le prends, pour avancer, pour serrer les dents, pour oublier la douleur de mon corps qui se fend en deux, j’réponds pas, j’te regarde juste, boitant comme un rhumatique contre toi. Héro victime et victime héroïque, c’est risible, on dirait des clown de cirque, et c’est pas mon nez qui est rouge, c’est mon cul en sang, mon cœur en sang, mon âme en sang, mon monde en sang. Il est rouge mon monde, comme le tiens, mais en dégoulinant, en teinte d’hémoglobine qui dégouline, en marrée vermeille, en écume  carmin, en eau pourprée. En velour rougie, en soie bordeaux, en nuance. Je vis dans des nuances de sang, et j’y nage, et j’y cris, et j’y pleurs.  Quelqu’un va-t-il me rendre mes couleurs ? Moi, j’ai gratté derrière le gris, j’ai trouvé le noir mat, moi, j’ai gratté derrière la vie, j’ai trouvé la mort, échec et mat, moi j’avance en suspensions, écléctrons en prisons, et je brule, je me consume, mais toi, regarde, même la lune auréole tes chemins.  Toi, t’es l’enfant trop blanc, l’espoir d’un lendemain, toi, t’es l’avenir ingénue, tu crois, on s’perds, chemin sans rue, bohéme. On avance en zombie sous prozac, on avance en automate, désarticulé, et toi tu parle, tu remplis l’espace avec ta voix d’oisillon, tu gémis tes inepties pour te tenir chaud, pour garder espoirs. Pour croire. J’suis pas c’que t’imagines tu sais. J’suis pas ce dont tu as besoin ce soir. J’suis pas lui, mais j’te promets de te tirer loin du noir. Les monstres sous les arbres ne viendront pas te gratter, je serais là cette nuit pour te border. Viens. Viens.

C’est qui Sade ? C’est qui ? Pourquoi qu’il t’a laissé Sade ? Pourquoi il n’est pas là Sade ? Pourquoi il ne te sauve pas ? Pourquoi c’est moi, qui arrive pas à m’sauver moi-même, pourquoi c’est moi qui doit t’aider, pourquoi ? Pourquoi tu m’fais ça, avec tes yeux de chatons, ta voix de mulot, et tu couine, et tu couine, et moi j’me fends, et moi je craque, et toi, tu couine, et moi j’explose. T’es doux comme crépuscule, tu sais, t’es doux comme une aurore, comme une caresse de lune, t’es doux comme une plume, avec tes yeux forêt, ton âme de cristal et ton palais de glace. Moi j’suis l’feu, t’as pas peur de fondre ? Moi je brule, je n’ai pas envie de me morfondre, alors, je me raccroche a ta détresse comme un bébé au téton maternel, et je lape, je lape ta candeur, je lape tes mots et tes maux désossés, je lape tout ca pour respirer, moi, je tête ton existence étalée sur ma route, je tête ton errance. Je tête. Qui t’as laissé toi ? Pourquoi t’es tout seul ? On ne laisse pas un enfant partir, c’est mal. T’es tout petit, moi, j’te vois minuscule, un bébé, tout au plus. Et pourtant tu me porte, tu me traine, ton corps trop fort, ton âme trop faible. Oisillons, oisillons. Personne t’as appris à volé toi non plus ? Moi, on m’a arraché les ailes, mais j’peux te montrer tu sais, j’peux t’expliquer ce n’est pas dur, tu s’rais beau en haut du ciel, percher sur le trop bleue du fiel. Du stupre.


Tu paniques, petit. Ecoutes ma voix qui meurt . « j’nous amène chez quelqu’un qui t’aidera a retrouver Sade, et qui nous fera manger, et chez qui on aura chaud, et on pourra dormir, c’est un peu comme le paradis, tu verras. » Je ressers mon étreinte autour de toi, et je gémis, j’ai trébuché sur le trottoire et la douleur est remontée tout le long de mon corps. La nuit a séme un voile noir. On ne voit plus la lune. Les lampadaire crépite et l’eau nous limbe de cécité. Je ne vois rien, mais j’avance, je connais ses rues, leurs veines, leurs érrance, je connais la mort a leur coin, le danger, je connais toutç ça trop bien. J’suis l’enfant du bitume, fils du trottoire, poupon des routes, moi, mes pieds sont en goudrons, moi, je roule sur le monde, bohéme enchainé. Moi. J’vais nous sauver. Ma bouche se pose sur ta joue je ne sais trop pourquoi. Elle est ronde ta joue, une joue d’enfant, avec son gout de larme. Je sourrie pour éffacé mon rictus crispé. « faut qu’on arrive vite, j’vais plus réussir a marcher d’ici pas longtemps… »

Je veux arriver chez Louis, voir les yeux gris de Louis, ses paupière assez grande pour faire le tour de mon monde, j’veux m’enfouir dans les bras de Louis, contre son torse de vieux golem, sont torse d’éternel, j’veux sentir les mains de Louis, ces doigts cimetierre dans mes cheveux, j’veux l’entendre me dire que ça, qu’il est là. J’veux me briser contre Louis, ouvrir les vannes. J’veux sentir le parfum de Louis, odeur de papier, de bois et de musc. J’veux entendre le rire de William, et sont petit sourire en coin, et trouver Absynthe avec ses yeux ciseaux dans la chambre, et ses petits bras, et son grand corps. J’veux oublier le monde chez Louis, dans son petit paradis, a coté de l’enfer des morts, j’veux fumer une clope a la fenêtre de la chambre d’amis, regarder l’ombre se lever et se coucher sur les tombes. J’veux m’assoire par terre, devant le cannapé de Louis, et lui demander de me lire un livre. J’veux sourire et avoir l’impression de vivre, grace à Louis. Mon ange de cendre, mon dieu d’ambre.

J'veux arriver chez Louis, et y crever, pour une éternité.

« ils t’appellent comment, les autres ? »


Ils m’appellent pas tu sais, ils connaissent pas mon nom, les autres, ils s’en foutent, les autres. J’ai pas de nom, les objet, ca a pas de nom, moi, j’m’appelle cul, bouche, bite, trou, sling, fist, j’m’appelle pute, salope, catin, prostitué, homme de nuit, gigolos, escort, moi j’m’appelle le vide, néant, j’m’appelle l’arride, géant, j’m’appelle la mort, j’m’appelle pas fort, j’m’appelle en silence, j’m’appelle juste en errance. J’sais pas mon nom, mon nom, on m’la volé, on m’la changer, j’ai jamais su qui j’étais. Alors, appelles moi comme ça, inconnu, nom fourbe, tellement faut, tellement pas moi, tellement inéxistant. « Nikita… ». Je reponds pas à l’autre question, tu t’enfuierais, parce que, au fond, c’est toi qui m’a trouvé. On remonte le chemin qui longe le cimetierre noir, et la pluie c’est tue, la maison domine. Je m’éffondre sur le péron et frappe, trois coup poussif, un plainte. « Louis…ouvres…c’est moi. » Je suis revennu. Tu te rappelle, j’étais parti pour revennir et ne plus partir, pour me tirer et ne pas mourir, pour qu’il ne vienne pas, qu’il ne suivent pas mes pas jusqu’à toi, pour qu’ils ne recommencent pas, pour qu’ils ne te tuent pas, pas toi non, pas toi. J’étais parti pour revennir, retourné en enfer pour aspirer à l’éden, là, ton paradis gris entre les maisons des morts. Je suis revennu écorché, déchiré, je suis revennu de la lie en semance écartelée. Louis. Tombe sur mes yeux en voile gris quand la porte s’ouvre. Tes yeux Louis, ils sont des mondes, tes mains de golem et tes lèvres séches. Louis. J’peux mourir maintenant, j’peux dormir dis ? J’peux dormir. Faiblement, j’attrape la main du petit , et je la serre. « Voilà…c’est ici, le paradis. »


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