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 genia ✣ don’t let me drown

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MessageSujet: genia ✣ don’t let me drown   Mer 3 Déc - 18:33


don’t let me drown

Tu voulais voir l’enfant. Tu voulais voir le grand garçon, avec sa mèche qui lui cachait la moitié du visage. Tu voulais ton histoire. Tu voulais quelque chose pour réchauffer ton cœur martyrisé. Pour réchauffer ton cœur gelé. Tu voulais pousser ta tête à imaginer. Ecouter pour réfléchir. Ecouter pour penser. Tu voulais te remplir les yeux de belles choses. De millions de belles idées. Tu voulais te remplir la tête avec quelque chose. Tu veux voir le garçon un peu sauvage. Le garçon amant aimant. Tu pédales sur ton monocycle comme un dératé. Tu dérapes sur l’asphalte. Tu manques de tomber plusieurs fois. Finalement, tu t’étales. Tu te griffes la jambe. Tu sens le sang chaud qui coule sur ton genou, qui glisse le long de ta jambe, et qui tache ton pantalon troué. Tu t’en fiches. Tu t’en fiches, et tu remontes sur ton monocycle. Il n'y a qu’une seule chose qui t’importe. Le gamin avec ses pulls trop grands. Il n’y a que ça. Que lui. Surtout aujourd’hui. Tu te mords les lèvres. Tu te bouffes les dents. Tu crois que le monde a disparu. Tu crois que l’univers s’est effondré. Tu crois qu’il s’est effacé, déstructuré. Tu crois que le monde s’est brisé. Pour les yeux de ton amoureux, tout s’est écroulé. Tu penses à Sade. Tu l’imagines grogner parce que tu t’étais abimé. Parce que tu n’aurais pas l’air présentable pour le spectacle. Parce que tu n’aurais pas l’air présentable pour la journée. Tu t’en fiches. Toi, tout ce que tu attends, c’est que la neige tombe du ciel. Toi, tu voudrais que la température se stabilise autour de zéro, et que la nature te donne le droit de t’allonger sur son tapis blanc. Toi, tu voudrais être comme un grand enfant. Tu voudrais encore, toujours un peu plus, oublier tes responsabilités. Tu voudrais pouvoir vivre vraiment. Pouvoir vivre plus grand.

Tu avais abandonné Želimir. Tu avais laissé Sade dans sa caravane. Tu avais délaissé ta famille. Tout ça, tu l’avais fait pour partir en quête de liberté. Tout ça, tu l’avais fait pour trouver de nouvelles histoires à leur raconter. Tu l’avais fait par amour. Tu l’avais fait parce que tu voulais une nouvelle raison pour rêver. Tu avais roulé à toute allure jusqu’au parc. Sur ta jambe, le sang tentait de coaguler. Ta bouche laisse échapper des volutes de fumée. Ton corps en feu liquéfie l’eau gazeuse contenue dans l’air. Tu fermes les yeux. Tu glisses les mains dans ton sweat. Dans ta poche, une lettre. Abîmée. Un peu toute chiffonnée. Tu l’as un instant observée. Tout d’un coup, tu as eu l’impression qu’il s’était écoulé des milliers d’années. Tu as fermé les yeux. Puis, tu as continué de pédaler. Tu as manqué de déraper devant l’artiste. Trop précipité. « Genia ! » que tu as balancé, pendant que ton monocycle tombait. Tu as sauté, avant d’attraper le garçon dans tes bras. Joie. « Bonjour ! » Tu as fait un pas en arrière, tout en t’exclamant. Tu l’as observé, un instant. Finalement, tu as tendu ton bras, ton enveloppe abîmée encore dans la main. C’était ton présent. Un cadeau de Noël en avance. Tant que tu y pensais. Tant que tu le voyais. Il y a juste écrit, en lettres maladroites, ‘Genia’, dessus. Enveloppe abîmée. Tout comme son contenu, probablement. Tu avais passé du temps à le chercher. Tu avais farfouillé dans tes dossiers. Une vieille photo. Des bouts cornés. Jaunis par l’humidité. Une photo grise. Une vieille image de cirque. Un ours jouant l’équilibriste. Ours humain. Homme-ours. Quelque chose d’étrange. Quelque chose qui attirait ton regard. Quelque chose de Genia aimerait peut-être.

Tout était enfermé dans le papier collé, plié. Toi, gamin un peu turbulent, tu te demandes ce qu’il va en penser. « C’est … Comme un cadeau. » que tu te permets de préciser. C’est un peu ça. C’est petit, c’est léger. C’est sans trop de valeur monétaire, mais ça vient du cœur. C’est différent. Ce n’est pas offrir pour offrir. Ce n’est pas offrir pour recevoir quelque chose en retour. C’est offrir pour faire plaisir. Sans intérêt particulier. C’est juste pour le voir sourire. « Tu as fait des nouveaux dessins, Genia ? » que tu as demandé. Intrigué. « Tu m’racontes, dis ? » Tu te permets de continuer. Pour savoir jusqu’où tu pourrais aller. Pour savoir jusqu’à quand il cesserait de te raconter. Tu l’attrapes par les doigts. Tu l’entraines sur le banc, juste à côté. Pour que vous puissiez vous installer, tout en le laissant jeter un œil sur ses dessins. Au cas où. S’ils avaient envie de s’envoler. S’ils avaient envie de raconter leurs histoires ailleurs. Qui sait, Genia serait peut-être heureux de partager. Il serait peut-être heureux de partager ses maux avec quelqu’un d’autre que toi. Quitte à former un cercle. Quitte à créer quelque chose de fort, lui, les autres, puis toi. Quelque chose de plus réel encore. Quelque chose qui surpasse le monde entier. Quelque chose qui finira par battre la réalité. Et toi, tu observes Genia. Avec toute la candeur du monde. Tu observes le raconteur. Tu te demandes si, une fois encore, ses mots te surpasseront de toute leur ampleur. Tu te demandes s’il sera capable de te faire rêver, encore un peu. Encore plus loin. Jusqu’aux cieux.

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MessageSujet: Re: genia ✣ don’t let me drown   Sam 3 Jan - 11:57



Tu ne comprends pas. Pourquoi est-ce qu'ils disent que tu es fou, pourquoi est-ce qu'ils racontent que ta tête n'est pas normale. Tu ne comprends pas pourquoi ils te regardent avec ces grands yeux, avec ces yeux qui te disent que tu dois aller te faire interner, avec ces yeux qui sentent la peur, qui sentent la lâcheté, la pitié. Ce n'est pas ce que tu veux, tu n'as jamais rien désiré, tu n'as jamais rien voulu toi. Ce n'est pas ta faute, alors pourquoi est-ce qu'ils te regardent comme ça ? Pourquoi est-ce qu'ils continuent de te dire que tu dois aller te faire soigner, pourquoi est-ce qu'ils te disent que tu n'as pas le droit d'exister ? Tu es comme tout le monde, un peu différent mais tout le monde l'est non ? "Sinon on se ressemblerait tous et c'est impossible" diront certains avec leurs grands airs. Et alors ? Tu ne fais que confirmer la règle. Mais tu ne comprends pas, alors t'as le cerveau qui s'embrouille. De gros noeuds que tu n'arrives pas à défaire, que tu n'arrives pas à dénouer. Il n'y a pas de solutions à ton cerveau, il n'y a pas de solutions à leurs cerveaux. Il ne faut peut-être pas chercher à comprendre mais ce n'est pas ton genre, tu es beaucoup trop curieux, beaucoup trop bête, un peu trop comme un enfant qui désire savoir des choses, un peu trop comme un abruti que l'on essaye d'instruire mais ne vaut-il pas mieux que tu restes un imbécile heureux ? On a jamais trouvé le bonheur à savoir les choses, on le cherche seulement un peu plus chaque jour. Tu as besoin de te vider l'esprit, parce que ça ne va plus tenir, parce que tu vas exploser, parce qu'il va y avoir du cerveau de partout si ça continue. Tu as pris ta pochette à dessin, tu as pris des crayons, de simples crayons, tu as enfilé un jean trop serré, un pull trop larges aux couleurs indescriptibles, t'as rien fait pour tes cheveux qui balayes ton visage. Peut-être qu'ils sont là parce que tu as simplement envie de te cacher, parce que tu as envie que personne ne te reconnaisse, qu'on te laisse tranquille. Qu'on te fiche la paix.

Il fait plutôt froid dehors, ou alors c'est toi ? Des choses sortent de ta bouche, ça t'amuse et tu passes tes doigts dedans comme un enfant. Tu t'amuses comme on s'amuserait avec une fumée de cigarettes avant de souffler dans ta main libre. Réchauffe-toi, réchauffe-toi que tu voudrais mais tu n'y arrives pas. Tant pis, tu n'as pas envie de remonter chez toi. Alors tu vas, doucement mais sûrement tu vas, tu vas t'asseoir, tu vas poser tes fesses sur un banc humide qui te fait un peu frissonner, tu sors une feuille, tu sors un crayon, tu regardes la feuilles puis en face de toi, tu regardes le visage des passants frigorifiés, enroulés dans leurs écharpes, cachés dans leurs manteaux, bloqués dans leurs bonnets et toi tu frissonnes simplement un peu plus, un peu moins, tu ne sais plus vraiment, tu oublies la température, tu oublies le monde, tu fermes les yeux mais un bruit sourd te fait sursauter, ton prénom te fait ouvrir les yeux, l'enfant qui tombe presque comme un ange tomberait du ciel te fait te lever. « Yuri ! » Tu t'exclames, t'es affolé, t'as l'esprit encore un peu plus embrouillé mais tu souris. Tu souris et serre le corps chaud dans tes bras froids. Tu ne voudrais pas qu'il frissonne mais ses bras te serres tellement que tu ne peux qu'y répondre avec la plus grande tendresse du monde. « Bonjour ! » Que tu réponds avec tout autant d'exclamation et de sourire que lui avant de voir qu'il te tend une enveloppe. Tu hausses les sourcils et ton regarde s'illumine comme celui d'un enfant le jour du Noël. Tu sautilles, légèrement, tu prends la chose, tu es touché, heureux, comblé, tu vois qu'il a fait des efforts ou même qu'il a pensé à toi et ça te fait plaisir, très plaisir. Mais au fond tu te sens un peu mal. « Genia n'a rien pour Yuri.... » Ce ne fut qu'un souffle mais il eut l'air de s'en ficher, tu n'es pas rassuré et tu te promets qu'à la prochaine rencontre il aura le droit à un cadeau. On ne sait pas qui de vous deux est le plus enfant.

Tu regardes le cadeau et tu souris, c'est mignon. Tu n'es jamais allé au cirque, ça t'intéresse. Tu voudrais bien voir comment c'est, ce genre de choses. Tu pourrais peut-être demander à Yuri ? Mais tu n'oses pas, non tu ne veux pas. Alors tu laisses simplement courir tes doigts sur la photo avant de hocher de la tête comme si tu venais d'acquiescer quelque chose pour toi et tu laisses échapper joyeusement que tu l'accrocherais dans ton chez toi, qu'il aurait une place toute particulière dans ta chambre, sur ce tableau où tu accroches toutes les choses importantes que tu aurais peur d'oublier, ou qui t'ont plu, ou qui t'ont fait du mal, tu ne sais pas trop, mais ce sont des souvenirs et les souvenirs tu ne veux pas les oublier. Tu te laisses traîner sur le banc et tu rigoles un peu, tu hoches de la tête et ouvres ta pochette pour lui tendre quelques dessins. Sombres, gris, noirs, blancs, des touchent comme ça par parcimonie, sur des visages indescriptibles, sur des yeux qui ne voient plus ou sur des sourires vides. ils ont tous des neouds dans les cheveux, ils n'ont pas vraiment de corps, simplement des traits, ils n'ont pas vraiment de formes mais l'on devine les visages blessés sur ces feuilles tâchées d'encres. Il y a des mots. Chaos. Oublie. Folie. Il y a des mots en boucle dans leurs cheveux, des mots qui glissent sur les épaules pour dessiner une fille, des mots en cheveux pour tout le monde. Ca fait peur, dis tu as peur Yuri ? Il te regarde, il te laisse les feuilles et reprend simplement son carton à dessin avec la feuille blanche de tout à l'heure, feuille qu'il commença à griffonner à l'abris de ton regard. « Ils disent tous que les fous sont des monstres, ils disent tous que les fous n'ont pas à vivre mais Genia pensent qu'ils sont humains parce qu'ils peuvent ressentir les choses. Tu veux entendre l'histoire du fou ? » Demandes-tu doucement avant de sourire un peu. « Le fou, il vivait dans un pays loin d'ici, il faisait beau et chaud. Il vivait à une autre époque aussi, une époque d'avant qui fait que les fous on ne les aime pas beaucoup, encore moins que maintenant tu sais ? C'était un fou qui se cachait, un fou qui ne voulait pas vivre avec les autres parce qu'il était fou. Mais tu sais, peut-être que sa seule folie c'était de le savoir, qu'il n'était pas comme les autres... » Souffles-tu doucement, avec le ton, elle sera courte celle-là. Tu ne sais pas si cette histoire va lui plaire, parce qu'elle est un peu la tienne, parce qu'elle est un peu bizarre ton histoire aujourd'hui. « Ce sont ces fous là que Genia a voulu dessiner. Genia les trouve beau, tu ne trouves pas qu'ils sont jolis ? Parce qu'ils ont dans les yeux ce que les passants n'ont pas... Regarde bien. » Tu continues de griffonner ta feuille, doucement. « Le fou vivait donc seul, tout seul, abandonné, oublié ! Mais au moins, il avait la paix. La paix, c'est quelque chose qu'ils ne devraient pas connaitre qu'ils décidèrent les autres, avec les yeux méchants et leurs sourcils froncés... Alors ils sont allés embêter le fou, ils sont allés... Ils sont allés le forcer à faire des choses qu'il ne voulait pas, des choses qui le rendaient malheureux, des choses qui le secouaient et qui chaque fois le laissait comprendre qu'il ne pourrait jamais être heureux... Pourtant. Le fou il avait l'air heureux, avant de voir les autres... » Tu le regardes. Tu te mords la lèvre. Tu dessines. Tu hésites et alors tu dis ; « Ce n'est pas une histoire très joyeuses, tu sais ? » Mais il avait l'air de comprendre. Tu ne sais pas. Est-ce qu'il veut bien que tu continues, ou veut-il arrêter là ?

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MessageSujet: Re: genia ✣ don’t let me drown   Sam 17 Jan - 0:29


don’t let me drown

« Yuri ! » Toi, tu souris comme un con alors qu’il hurle ton prénom. Toi, tu te jettes presque dans ses bras pour le serrer contre toi. Un peu trop fort, peut-être. Comme s’il allait s’envoler. Comme si son corps gelé allait t’échapper. « Bonjour ! » Dialogue d’enfants. Discussion pour des adultes oubliés. Vous vous livrez à la simplicité. Toi, tu lui tends ton papier comme un enfant. Ton enveloppe, tes images-rêves. « Genia n'a rien pour Yuri .... » Tu secoues la tête en souriant. Ce n’est pas si grave, ça. Ce n’est pas important. Tu ne fais pas ça pour avoir quelque chose en retour. C’est un jeu d’adulte, ça. De jouer par intérêt. De jouer pour ce que les autres pourraient apporter. Toi, tu offres à Genia pour voir un sourire sur ses lèvres. Tu joues pour le rendre heureux. C’est tout. Peut-être qu’il s’imaginera l’histoire cachée derrière la photo. C’était ton dessin à toi, d’une certaine manière. Ton dessin écorné, encré sur la feuille plastifiée. Tu souris, ravi. Peut-être qu’il entamera une collection d’images. Une collection de nouvelles histoires, histoires étranges, histoires magiques, histoires morales. Et peut-être que ses mots, ses nouveaux récits, il te les contera. Peut-être. Peut-être pas. Tout dépend de Genia. Et Genia, justement, il t’offre ses dessins. Il te montre, te tend le carton, pour que tu regardes. Alors toi, tu observes. Tu essaies d’imaginer. Tu essaies de voir ce qu’il a pu raconter. C’est étrange. C’est différent des autres, ça fait peut-être un peu peur, mais c’est .. joli. C’est beau, dans la manière d’exprimer les choses. C’est beau, parce que tu crois que ce ne sont pas des dessins sans intérêts. Ce sont des œuvres, pensées, réfléchies, exprimées. Des sentiments extériorisés. Est-ce que Genia a peur ? Est-ce que Genia fait peur ? Genia a repris son carton et une feuille entre ses mains. Genia s’est installé sur le banc, alors tu as fait pareil. Pour écouter, comme un enfant. « Ils disent tous que les fous sont des monstres, ils disent tous que les fous n'ont pas à vivre mais Genia pensent qu'ils sont humains parce qu'ils peuvent ressentir les choses. Tu veux entendre l'histoire du fou ? » Tu hoches la tête. Sans attendre. Alors, Genia explique. Genia explique l’histoire du fou.

« Le fou, il vivait dans un pays loin d'ici, il faisait beau et chaud. Il vivait à une autre époque aussi, une époque d'avant qui fait que les fous on ne les aime pas beaucoup, encore moins que maintenant tu sais ? C'était un fou qui se cachait, un fou qui ne voulait pas vivre avec les autres parce qu'il était fou. Mais tu sais, peut-être que sa seule folie c'était de le savoir, qu'il n'était pas comme les autres ... » Tu hoches la tête. Tu crois que tu comprends. Tu crois que tu comprends ce que veut dire Genia. Tu crois que tu comprends les sentiments du fou. Un peu. Peut-être pas totalement. « Ce sont ces fous là que Genia a voulu dessiner. Genia les trouve beau, tu ne trouves pas qu'ils sont jolis ? Parce qu'ils ont dans les yeux ce que les passants n'ont pas ... Regarde bien. » Toi, tu regardes en ouvrant grand les yeux. Tu te penches un peu sur lui, pour regarder le croquis. Croquis naissant. A la pointe de son crayon nait la vie. Genia est magicien. Genia est accoucheur du monde. Pointeur des autres. « Le fou vivait donc seul, tout seul, abandonné, oublié ! Mais au moins, il avait la paix. La paix, c'est quelque chose qu'ils ne devraient pas connaitre qu'ils décidèrent les autres, avec les yeux méchants et leurs sourcils froncés ... Alors ils sont allés embêter le fou, ils sont allés ... Ils sont allés le forcer à faire des choses qu'il ne voulait pas, des choses qui le rendaient malheureux, des choses qui le secouaient et qui chaque fois le laissait comprendre qu'il ne pourrait jamais être heureux ... Pourtant. Le fou il avait l'air heureux, avant de voir les autres ... » T’as les yeux tristes. T’as le corps bouffé par la curiosité. Tu voudrais savoir. Savoir ce qu’ils lui ont fait. Et en même temps, tu as peur. Un peu. Peur de voir la réalité. Peur de savoir. Peut-être que tu pourrais te cacher derrière un canapé, pendant que Genia continuerait de te raconter. « Ce n'est pas une histoire très joyeuse, tu sais ? » Tu hoches la tête. « Oui … Mais c’est une histoire quand même. »

Tu l’observes. Un instant. Tu n’oses pas l’attraper contre toi, pour le câliner, parce qu’il est en train de dessiner. Parce que tu ne voudrais pas briser ses lignes tordues, et ses yeux de fou. Tu ne voudrais pas le faire bouger alors qu’il est en train de donner la vie. Un faux mouvement, et c’est fini. « Les identiques sont pas toujours gentils avec les différents … » que tu murmures, finalement. « Les identiques en ont peut-être un peu peur. Je ne sais pas. Parce qu’ils ne pensent pas pareil. Parce que les différents ont une vision des choses parfois nouvelle. Parfois un peu trop simple, sans prise de tête. Parfois, ils ne s’embêtent pas avec les histoires d’argent, et ils ne répondent pas toujours au sondage sur la qualité du dernier canapé yin-yang d’Ikea parce qu’ils ne l’ont tout simplement pas acheté. Les différents sont aussi simples que compliqués, et c’est peut-être ce qui effraie. » Tu tentes d’avancer l’idée. Peut-être que toi aussi, tu essaies de continuer. D’enrichir l’histoire à ta façon. Même si, au fond, toi, tu n’as pas l’art de raconter. Tu sais simplement écouter les conteurs d’idées. « Alors, qu’est-ce qu’il a fait, le fou, quand il a vu qu’il était malheureux ? Il a cessé de voir les autres ? Il a voulu leur expliquer ? Leur faire comprendre ce qu’il ressentait ? Dis ? Il s’est enfui, ou il est resté ? Il a essayé de changer leurs idées ? Pour leur montrer qu’il n’y avait pas de raison d’être jaloux du bonheur acquis ? Et puis les autres, les identiques, ils ont fait quoi ? Ils ont continué à lui faire faire des choses ? Ils ont continué à le forcer, parce qu’ils le considéraient comme fou, et qu’ils ne voulaient pas l’écouter ? » que tu demandes. Et puis, tu te tais. Tu te tais pour laisser tes yeux dériver sur le crayon qui illustre. Tu te tais pour écouter.

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MessageSujet: Re: genia ✣ don’t let me drown   Mar 20 Jan - 8:21



Il a l'air intéressé par ce que tu racontes, ça a l'air de lui plaire. D'habitude tes histoires sont un peu plus joyeuses, un peu plus inventées, d'habitude ça part plus loin que ça, ça fait rêver. Tu sais que celle-là ne fait pas rêver, tu sais que celle-là pourrait même faire pleurer mais quelque part ce que tu essayes de lui raconter c'est ton histoire. C'est ta vie, celle d'un fou incompris. Il te dira sûrement que tu n'es pas fou, que personne ne l'est vraiment mais tu ne sais pas comment lui dire que t'as un problème, toi. C'est ce qu'on t'a dit, c'est ce qu'ils se tuent à te dire. Quand ton père te menait voir ça, quand ton père te menait voir ce psy, il te disait que tu étais fou, que tu en avais besoin mais toi, tout ce dont tu avais envie, c'était de pleurer. De laisser glisser toutes les larmes de ton corps sur tes joues. T'avais juste envie de pleurer encore et encore parce que chaque fois, tu semblais mourir un peu plus. C'est dans le dessin que tu as trouvé réconfort, c'est ce qui a pu te sauver, rien qu'un peu, au moins une fois. C'est comme si c'était une corde, là où le mot "vie", ta vie, joue au funambule. Il connait le funambule, Yuri, non ? Il comprendrait, tu es certain. Il comprendrait le danger qu'il y a pour ta vie, il comprendrait le danger qu'il y a face à ça. C'est difficile de marcher sur une corde, c'est difficile de tenir l'équilibre, de ne pas tomber, de ne pas chuter, de ne pas sombrer. Mais toi t'essayes de tenir, de garder la tête haute, d'être bien, droit, de montrer que tu peux être plus fort que tout le monde. Tu essayes en tout cas, parce que c'est dur, parce que c'est compliqué, parce que tu n'es pas sûr de pouvoir y arriver. Peut-être qu'un jour tu vas tomber, peut-être qu'un jour tu vas échouer. Tu n'es pas sûr, tu ne sais pas trop, parce qu'on ne sait pas ce que la vie réserve. Tu ne sais pas ce qu'elle te réserve, à toi, tu ne sais pas trop ce qu'elle lui réserve à lui. Tu espères que lui, il ne connaîtra pas l'histoire du fou, une histoire similaire. Tu lui souhaites les plus belles histoire d'amour, les plus belles histoires que tu puisses inventer. Tu lui souhaites le plus bel avenir que l'on a jamais pu souhaiter à quelqu'un parce qu'il est bien trop mignon pour souffrir, parce qu'il est bien trop mignon pour être maltraité, parce qu'il est comme un enfant abandonné. Vous êtes deux enfants, deux adultes qui jouent aux enfants. Vous essayez d'échapper à une réalité trop dure, ensemble vous vous prenez par la main pour vous promenez dans l'imagination, entre les lignes des histoires que tu inventes. Est-ce qu'il a remarqué que c'était lui que tu dessinais ? Tu sais qu'il ne t'a pas offert son cadeau pour en avoir un, mais toi tu veux. Tu veux aussi le voir sourire, tu veux aussi le voir heureux, tu veux aussi lui faire plaisir, parce que ça te ferait plaisir. Ca te rendrait heureux. Tellement heureux, tout autant heureux que la photo qu'il venait de t'offrir. Photo que tu as rangé avec soin. Tu en prendras soin, une fois chez toi tu la rangeras proprement, tu l'afficheras même. Tu lui souriras et quand tu passeras devant, tu penseras certainement à lui.  Et ça te fera réfléchir à d'autres histoires, et à celles que lui pourra te raconter. Peut-être que quand tu auras fini de coucher son visage sur cette feuille, peut-être que lui aussi pensera à toi, peut-être que lui aussi le gardera précieusement. Il faut toujours garder ses souvenirs, il faut toujours être capable de savoir ce qui s'est passé à ce moment précis. C'est important. Pour toi, ça l'est.

Tu l'écoutes exposer sa théorie et ça te fait sourire, tu hoches un peu de la tête à ce qu'il dit, parce que tu es d'accord. Tu es d'accord parce que c'est tout à fait ça. L'exemple d'Ikea te fait plutôt rire,  parce que tu trouves assez adorable. C'est un peu moins poétique, mais c'est tout à fait ça, c'est tout à fait ce que tu veux dire. Ce que tu veux exprimer. Tes mots sont un peu compliqués, un peu plus recherchés, mais c'est ça. Il a capté l'idée. Et ça te fait rire. Ca te fait sourire. Tu passes même ta main dans les cheveux du brun, quelques instants avant de reprendre ton art. Tu aimes quand lui aussi il parle, parce que tu te sens moins seul, parce que tu te sens accompagné, parce que tu vois qu'il suit tes idées. Tu te sens un peu moins fou, un peu moins taré, un peu moins bon pour l'hospice. « Il a continué. Il a continué à faire ce qui le rendait malheureux, pour le bonheur des autres. Parce que quelque part ça le rendait heureux de voir que les autres étaient heureux, même si lui n'avait pas le droit au même bonheur. Tout ce qu'il voulait, c'était voir des sourires, voir de la joie. Alors il n'a pas vraiment cherché à comprendre plus loin, il a fait ce qu'on lui a dit de faire. Tu sais, y a quelqu'un qui a un jour dit "heureux ceux qui ignorent", peut-être qu'il avait trouvé le bonheur en faisant semblant de ne pas savoir, de ne pas comprendre... Il a joué les ignorants, ceux qui ne savent rien et ça plaisait bien aux autres. Parce que c'était à ça qu'ils voulaient l'amener, c'était aussi bas que terre qu'il voulait le mettre.... » Tu fais une légère moue en regardant Yuri et tu hausses les épaules avant d'esquisser un sourire. « Mais un jour le fou, il en a eu marre. Alors, c'est un peu comme s'il se transformait en super héros et il s'est enfui. Il a pris son courage à deux mains, et il est parti. Loin, très loin, en courant, en volant peut-être même ! Mais il s'en est allé sans jamais se retourner. Parce qu'il voulait être heureux et parce qu'il voulait une nouvelle vie; Une vie où on le considèrerait comme les autres, parce qu'il en avait marre des identiques... » Comme il les appelle si bien. « Tu as raison, tu sais ? Genia est d'accord avec toi... Il y a les identiques et les différents, et souvent ils ne sont pas d'accord, les identiques essayent de faire fuir les différents, de les rendre identiques, mais finalement... Ca ne marche pas souvent. Regarde, le fou s'est échappé pour vivre heureux, parce que vivre comme les autres ce n'est pas être heureux. » Est-ce que toi, tu es heureux, de t'être enfui comme ça ? Peut-être, qui sait ?
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MessageSujet: Re: genia ✣ don’t let me drown   Mer 11 Fév - 0:16


don’t let me drown

Y’a sa main qui cesse un instant de tracer des traits, pour t’ébouriffer les cheveux. Toi, tu as souris. Tu as ris doucement, avant lui. T’as les joues un peu rouges. Rougies par ses doigts dans ta chevelure, et le froid qui te mord la peau. « Il a continué. Il a continué à faire ce qui le rendait malheureux, pour le bonheur des autres. Parce que quelque part ça le rendait heureux de voir que les autres étaient heureux, même si lui n'avait pas le droit au même bonheur. Tout ce qu'il voulait, c'était voir des sourires, voir de la joie. Alors il n'a pas vraiment cherché à comprendre plus loin, il a fait ce qu'on lui a dit de faire. Tu sais, y a quelqu'un qui a un jour dit "heureux ceux qui ignorent", peut-être qu'il avait trouvé le bonheur en faisant semblant de ne pas savoir, de ne pas comprendre... Il a joué les ignorants, ceux qui ne savent rien et ça plaisait bien aux autres. Parce que c'était à ça qu'ils voulaient l'amener, c'était aussi bas que terre qu'il voulait le mettre.... » Tu hoches la tête, doucement. Tu crois, tu crois que tu comprends. Tu comprends, et tu te dis, au fond, que le fou, il n’était pas si méchant. Et le brun sourit. Un instant. « Mais un jour le fou, il en a eu marre. Alors, c'est un peu comme s'il se transformait en super héros et il s'est enfui. Il a pris son courage à deux mains, et il est parti. Loin, très loin, en courant, en volant peut-être même ! Mais il s'en est allé sans jamais se retourner. Parce qu'il voulait être heureux et parce qu'il voulait une nouvelle vie; Une vie où on le considèrerait comme les autres, parce qu'il en avait marre des identiques... » Tu écoutes, là, suspendu à ses lèvres. Tu écoutes, l’histoire du héros fou. Du fou héros. Tu voudrais intervenir, mais tu le laisses raconter. Tu te remues un peu, doucement, sur le banc, mais tu te tais, patient. « Tu as raison, tu sais ? Genia est d'accord avec toi... Il y a les identiques et les différents, et souvent ils ne sont pas d'accord, les identiques essayent de faire fuir les différents, de les rendre identiques, mais finalement... Ça ne marche pas souvent. Regarde, le fou s'est échappé pour vivre heureux, parce que vivre comme les autres ce n'est pas être heureux. »

« Mais est-ce que, malgré tout, le fou est heureux ? Est-ce qu’il a réussi à vivre, comme il le voulait ? » que tu demandes, un instant. Tu as tes questions toutes emmêlées. Tes questions, tes suggestions. Tu perds un peu le fil de ta pensée. « Est-ce que … Est-ce que tu ne crois pas que, pour que les identiques le considèrent comme les autres, il aurait eu besoin d’être identique ? » que tu murmures, presque hésitant. Au fond, tu voudrais comprendre la mécanique. La mécanique des gens. « Tu sais … Je crois que le fou, il n’était pas méchant. Il était très, trop gentil, peut-être. Il n’était pas égoïste comme les identiques. Il ne pensait pas juste à lui, il pensait aux autres, aussi. Aux autres avant lui. » Tu essayes de développer. D’argumenter. Tu essayes de démontrer tes idées. « C’est injuste, tu sais ? Que le fou se soit préoccupé de tous les identiques, et que les identiques ne se soient jamais préoccupés de lui. Pour lui faire plaisir, je veux dire. Pourquoi est-ce que les identiques sont égoïstes ? Pourquoi est-ce qu’ils ne cherchent qu’à faire souffrir les différents ? Pourquoi est-ce qu’ils veulent les utiliser, se faire plaisir avec eux sans pour autant leur accorder le moindre intérêt ? Pourquoi est-ce qu’ils ne voient pas en les différents une force, un moyen pour se renforcer ? Pourquoi ils veulent les rendre identiques ? C’est bête. Pourquoi est-ce qu’ils ne trouvent pas en eux de nouvelles histoires à partager, de nouvelles idées ? Au fond, chacun pourrait y gagner quelque chose, non ? A être différent des autres. » Tu es plein de pourquoi. Plein de comment. Tu veux des justifications, peut-être. Tu voudrais savoir, comprendre, avec ton âme d’enfant, comment fonctionnait l’esprit des grands. Mécanismes compliqués. Peut-être que c’était des esprits rouillés. Des esprits aux engrenages manquants, remplacés avec des pièces différentes. Peut-être que c’était pour ça, que les choses partaient de travers. Peut-être que c’était pour ça, que les gens ne se comprenaient pas.

« Tu dessines un garçon .. ? » que tu demandes alors, presque subitement, en laissant ton regard glisser vers le dessin. Tu penches la tête, en souriant, sur le côté. « C’est … C’est moi ? » que tu proposes, avec ta voix innocente. Certain sans l’être. Perturbé de voir ton visage que tu finissais par oublier. Tu fais basculer tes pieds dans le vide, alors que tu t’agites un peu. Impatient. Tu as déposé un baiser sur sa joue, pour le remercier. Tu voudrais lui demander pourquoi. Pourquoi il a commencé à te dessiner, toi. Alors, tu le regardes avec tes grands yeux. Avec tes yeux pleins de questions. Tes yeux qui veulent tout dire, ceux qui laissent échapper les interrogations. « A quoi il ressemble, le différent ? » que tu demandes, soudainement. Tu n’oublies pas l’histoire. Tu ne veux pas oublier. Parce que, quelque part, tu as l’impression que c’est important. Parce que tu as l’impression que l’histoire du fou vous donne une bien belle et triste leçon d’humanité. « Puis, le fou, il n’avait pas de parents ? Les parents, ils aimaient pas le fou ? C’est pour ça qu’ils l’ont abandonné ? Ils croyaient qu’il n’allait jamais y arriver ? » Peut-être que c’est là que l’histoire avait commencé. Peut-être que tu avais mal compris. Peut-être que tu as eu peur d’oublier. Mais tu voudrais comprendre pourquoi le fou, il a été délaissé. Pourquoi il a été considéré comme fou. Juste parce qu’il n’était pas identique ? Juste pour une question pratique ? « Et les pays, Genia ? Est-ce que c’est différents ensembles de gens identiques ? Des identiques groupés, des identiques dans des groupes différents ? Est-ce que c’est pour ça qu’ils se chamaillent même entre eux, les identiques ? Tu crois, Genia ? »

Je suis très en retard, pardon. plzou
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genia ✣ don’t let me drown

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